jeudi , 21 novembre 2019

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La quadrature du cercle

Les députés commenceront aujourd’hui le débat sur la loi de finances 2020. A bien suivre les travaux en commission, force est de constater qu’à l’exception de quelques mesures populistes, il n’y a pas de différence avec la précédente. D’ailleurs, l’article le plus en vue de la loi, celui des transferts sociaux, corrobore cet état de fait. Un gouvernement qui compte dépenser 1800 milliards de Dinars dans les subventions de toutes natures, n’est pas dans une logique de réformes structurelles ou autres. En tout cas, à part l’histoire populiste de l’âge des véhicules usagers admis à l’importation, les membres de la Commission des finances ont fait en sorte à ce que le texte parvienne à l’hémicycle dans sa mouture gouvernementale.
Les chiffres qu’exhibe le projet de loi, ne sont pas suffisants pour garantir un véritable décollage économique du pays et ne constituent pas une assurance contre la baisse du niveau de vie de l’Algérien moyen. Il faut dire que l’actuel gouvernement a d’autres soucis que celui de se projeter dans un avenir immédiat ou à moyen terme. Et lorsqu’on sait que, de toute façon, les objectifs ne sont quasiment- jamais atteints à 100%, il faut s’attendre à ce que le front social grince des dents l’année prochaine.
Objectivement, ce ne sera pas l’équipe de Bedoui qui fera face à cette grogne, mais une nouvelle équipe. Mais on pourra affirmer sans risque de se tromper que l’actuel gouvernement a fait en sorte à limiter les dégâts à son successeur. Le prochain exécutif pour s’en sortir en relevant qu’il n’est pas comptable d’une éventuelle mauvaise performance de l’économie nationale.
Il est certes vrai, que comparativement à des sociétés plus développées que la nôtre, les Algériens se débrouillent pas mal et certains autres chiffres le confirment aisément. Les dépenses des ménages n’ont pas sérieusement fléchi. L’été s’est passé sans trop d’anicroche et l’Algérien moyen n’a pas trop souffert. C’est dire que la richesse, la pauvreté et le niveau de vie sont quelque peu relatifs et l’on peut donner raison au gouvernement et à l’opposition au même temps. Mais dans tout cela, il est clair que le citoyen est en droit de savoir les forces et les faiblesses des lois que votent ses représentants à l’APN. Et ce ne sont pas quelques émissions de télé ou de radio balancées sur les grilles des programmes comme des cheveux dans la soupe qui assureront une mission d’information. Ce qui est observé dans la rue comme critique à tout va contre la loi des Finances, rend la chose encore plus difficile à réaliser. C’est la quadrature du cercle.

Par Nabil.G