vendredi , 21 février 2020

La règle du «provisoire qui dure»

En 1997, il y a vingt ans, un projet de construction d’un siège pour l’Assemblée Populaire de Wilaya a été initié par les élus locaux de l’époque. Des élus de l’APW, qui en même temps, avaient revendiqué le transfert du siège de la daïra du Front de Mer vers l’enceinte de l’ancienne préfecture à Sidi El Houari. Un immeuble intégré au patrimoine architectural, et qui devait être restauré et aménagé. Et au même moment, ils avançaient l’idée d’un projet de réalisation, d’un siège pour l’APW. Un projet finalement retenu et lancé juste à côté du chantier de la grande mosquée qui allait s’éterniser. Au final, la daïra d’Oran a été installée à la place de l’APW et le site de l’ancienne préfecture est resté abandonné. Cet exemple est loin d’être le seul cas, pouvant illustrer les balbutiements, les retards et la médiocrité, qui depuis quarante ans, pénalisent l’organisation et le fonctionnement des sièges et structures, de bon nombre d’administrations et organismes publics. Ce n’est qu’après la réalisation de la zone, dite des sièges et de la mini-cité administrative à l’USTO, que certaines directions et services de wilaya, ont retrouvé une certaine stabilité et une ambiance relativement favorable à leur bon fonctionnement. Ici et là, des locaux administratifs ont changé d’occupants et donc de nature d’activité, parfois plus de six fois, en l’espace de quinze ans. C’est par exemple, le cas de l’actuel siège de la direction d’Algérie Poste et télécom, qui servait jadis de logements de fonction, avant d’être aménagé, tour à tour, en siège pour un service de sécurité de l’armée, puis en siège pour la direction des Moudjahines, puis en siège pour la police communale, pour enfin accueillir provisoirement, la direction des postes et télécom de la Wilaya. On sait également, que la Mairie, dont le siège historique est en cours de travaux de «réhabilitation», peine à trouver ses marques et son équilibre, en matière de gestion et d’utilisation, de ses nombreux sites et locaux abritant ses services. En attendant la fin des travaux de réhabilitation, du monument de la place d’Armes, c’est le «centre culturel multifonction», nouvellement réalisé sur le site de l’ex-Prisunic, qui sert aujourd’hui de «siège provisoire du Cabinet du Maire». Et en attendant l’achèvement d’un projet controversé, d’aménagement de la vieille bâtisse de l’hôtel Château Neuf, bon nombre de services municipaux restent pénalisés par cette culture des «solutions de remplacement» et du «provisoire qui dure». Conjuguée à la fatalité des retards et des insuffisances qui pèsent encore sur la non réalisation des projets, cette culture de l’improvisation accentue les paradoxes et les inepties dans l’utilisation rationnelle des locaux et infrastructures existantes. Et plus choquant et plus grave encore, elle semble peser de plus en plus, dans la réalisation et la conduite de certains projets, inscrits notamment au registre de l’amélioration urbaine. Il suffit pour s’en rendre compte, d’admirer le décor urbain de certains quartiers, à la cité des 1245 Logts HLM/USTO par exemple, où de nouveaux poteaux d’éclairage public ont été installés il y a plus d’un an, juste à côté des anciens candélabres qui restent en place et semblent même toujours opérationnels. Pourquoi ces dépenses inutiles et surtout, pourquoi laisser deux poteaux au même endroit, cote à cote, à moins d’un mètre, si ce n’est pour narguer les habitants, déjà bien en colère, face au chantier d’amélioration urbaine abandonné qui a défiguré la cité.

Par S.Benali