vendredi , 20 septembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Tactique, technique, physique et attitude</span>:<br><span style='color:red;'>La rentrée de Neymar passée aux rayons X</span>

Tactique, technique, physique et attitude:
La rentrée de Neymar passée aux rayons X

À défaut d’avoir débuté sa saison en club, tiraillé entre le PSG et le FC Barcelone, c’est finalement avec le Brésil que Neymar Jr a fait son retour. Analyse de sa rentrée.

Cela faisait presque 3 mois que Neymar Jr n’avait plus mis les crampons sur un terrain de football, lors d’une rencontre face au Qatar avec le Brésil qui lui a valu son forfait pour la Copa America après une blessure à la cheville… Et il fallait remonter au 27 avril 2019 pour assister à son dernier match complet avec le PSG, alors auteur d’un coup de sang qui achèvera son exercice en club. 
Si son avenir est désormais acté à Paris, c’est de l’autre côté de l’Atlantique que le Brésilien a rechaussé les crampons, afin d’honorer sa sélection en amical face à la Colombie.
Dans cette rencontre, disputée dans la nuit de vendredi à samedi (à 3h heure française) à Miami, Neymar jouait gros : se réhabiliter auprès d’un peuple brésilien qui n’a eu de cesse de le critiquer après son dernier Mondial, qui l’a retrouvé au milieu de déboires judiciaires puis chamaillé entre deux clubs, et qui a gagné un trophée majeur sans lui. Il ne fallait pas décevoir, surtout que Tite se portait garant en lui redonnant les clés du camion, après avoir laissé briller le jeune Everton à sa place.
1 – LA TACTIQUE Tactiquement d’abord, rien de surprenant puisque Neymar retrouvait son poste historique, dans le couloir gauche de l’habituel 4-3-3 de Tite. Bien ancré sur son côté, il a fallu attendre quelques minutes pour le voir décrocher, se rendre disponible pour proposer, amorcer, et gratifier les Colombiens de ses dribbles. Au fur et à mesure de la rencontre, il s’est d’ailleurs progressivement aventuré dans l’axe pour faire vivre le ballon et polariser le jeu.
2 – LA TECHNIQUE
Après un démarrage en douceur, le naturel est rapidement revenu.
 Constamment disponible, Neymar a amorcé beaucoup de mouvements brésiliens, alternant entre séquences collectives et des percussions individuelles de plus en plus nombreuses au fil de la seconde mi-temps. Et s’il a connu un déchet inhérent à son jeu, c’est aussi parce que l’ancien Barcelonais a énormément tenté pour transpercer la surface d’Ospina. Les sensations doivent encore revenir, et la virtuosité qu’on lui connaît n’était pas éclatante, mais l’essence de son jeu est bien là. Le bilan comptable, lui, est parfait, puisque Neymar n’a pas attendu l’heure de jeu pour être décisif à deux reprises : un corner et une passe millimétrée, déposée sur la tête de Casemiro pour l’ouverture du score (1-0, 19e). Puis une frappe du gauche qui venait conclure une belle action collective conclue par un service au second poteau de Dani Alves pour revenir au score (2-2, 58e).
Un but entre copains, conclu par l’accolade dans les bras de Tite, pour la symbolique. À noter qu’il aurait même pu marquer un second but si Firmino n’avait pas détourné son tir en première période.
3 – LE PHYSIQUE
Physiquement, car c’est aussi ce qui polarisait beaucoup d’interrogations, Neymar n’a pas déçu, même si l’on pouvait s’interroger sur la prise de risque – 90 min pour un match amical et de reprise après un décalage horaire. Titulaire d’entrée de jeu, le n°10 parisien est d’ailleurs le seul attaquant à être resté sur le terrain lors des 93 minutes de jeu, puisque Coutinho, Firmino et Richarlison ont tous été remplacés.
À l’entame du match, c’est d’abord un joueur prudent que l’on a pu observer : des transmissions basses et un Neymar qui portait peu le ballon. Mais à mesure que les minutes défilaient, Neymar s’est distingué par de lancinantes courses sur son couloir gauche, toujours aussi tranchant et percutant dans les appels, et bien décidé à ne pas tomber au moindre coup d’épaule. Il aurait d’ailleurs pu obtenir un penalty après avoir été envoyé dans le décor par Sanchez à 10 minutes du coup de sifflet final.
In fine, pas de prises de risques inconsidérées, mais des duels bien menés, et un pied qui semble tenir la route sur de violentes accélérations. Dans l’ambiance lourde et humide qui habitait le Hard Rock Stadium de Miami, Neymar n’a jamais baissé dans le rythme et les intentions.
4 – L’ATTITUDE
Enfin, dans l’attitude, difficile de voir le joueur de 27 ans plus épanoui. Sourire taquins, petites provocations, et même une main à l’oreille pour chambrer le public colombien qui le sifflait après l’ouverture du score… Neymar a fait du Neymar, dans l’art et la manière.
Heureux comme un enfant d’avoir marqué et fait marquer, l’enfant de Santos a retrouvé un sourire que le monde du football avait perdu au milieu des agitations médiatiques. On retiendra d’ailleurs l’image de lui, finissant par embrasser le cuir, comme le symbole de retrouvailles tant attendues. Alors s’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives, force est de constater que cette première titularisation a révélé de petits enseignements. Neymar est apparu très en jambes, très impliqué, et visiblement déterminé à se montrer à nouveau décisif. Neymar a retrouvé de l’expression sur le terrain, pour contraster avec son mutisme en dehors.
Un bon point pour Thomas Tuchel, qui attend son attaquant de pied ferme pour la réception de Strasbourg dans une semaine. Mais avant de valider son retour dans la capitale, Neymar va devoir poursuivre sa réhabilitation en terre américaine. Avec un autre match amical face au Pérou mercredi.