lundi , 9 décembre 2019

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La rentrée et ses effets

Les rentrées politique et scolaire semblent paradoxalement loin, alors qu’il est théoriquement temps de les appréhender, d’en parler et d’en craindre les effets sur le très court terme. Ce serait dévoiler un secret de polichinelle que de dire les difficultés qui nous attendent. Sans président et une économie en berne, le pays n’est pas au mieux de sa forme. De fait, même si on n’évoque pas l’avènement, les observateurs de la scène nationale pronostiquent une période chaude, voire un peu trop chaude pour l’Algérie. Il y a certes, beaucoup de pessimisme dans cette prévision, mais il est néanmoins clair que la crise politique et le marasme économique, sont autant d’ingrédients d’une rentrée qu’ils attendaient très perturbée.
Le retard mis dans l’enclenchement du dialogue national inclusif, alimente déjà tous les fantasmes politiques d’une scène nationale qui fonctionne exclusivement aux signaux qu’il faut systématiquement interpréter.
De leur côté, les ministres donnent l’impression de faire semblant d’activer et les annonces de levée du gel de certains projets et le sauvetage des entreprises des «oligarques», alimentent un discours plutôt creux qui ne convainc pas à quelques semaines de la rentrée sociale. Le fait est, que la crise politique fait écran et empêche de voir ce qui se réalise ou pas dans le pays. Mieux encore, malgré une apparente stabilité qui étonne visiblement les Algériens avant les étrangers, les choses ne marchent pas comme il se doit et si une solution n’est pas trouvée à la vacance du poste de président de la République, le risque d’un basculement est très probable. C’est ce que pensent intérieurement tous les Algériens, qu’ils manifestent ou pas les vendredis.
Les principales craintes sont pour l’économie. Les chiffres commenceront bientôt à affoler les experts et les quidams. Ils en font une lecture insultante et concluent que le pays n’est pas au mieux de sa forme. Il est en plein dans un marasme tellement profond qu’à chaque chute du prix du baril du pétrole, ils craignent l’apocalypse.
Tous ces ingrédients dignes d’une explosion sociale devaient être réunis ces derniers jours. Mais ce n’est pas l’émeute généralisée qu’il faut craindre. Les Algériens ont appris à manifester pacifiquement. Mais ce n’est pas cela dont il faut avoir peur, mais une paupérisation à court terme, une dégradation du climat sociale et une cassure entre les couches sociales que le mouvement populaire a réussi à fermer en plusieurs mois de belle démonstration d’unité. Et lorsque la société s’en trouve divisée, ce sont les extrêmes qui s’expriment. Cela, pour dire que le plus difficile n’est pas dans la rentrée sociale, mais dans ses effets à court et moyen terme.

Par Nabil.G