vendredi , 21 février 2020

La «résistance aux changements» et l’atavisme des luttes

Le wali d’Oran, Abdelkader Djellaoui, visiblement contrarié, voire choqué par la mauvaise gestion des déchets et de la préservation de l’environnement, a récemment ordonné la mise en place d’une commission devant notamment cerner le nombre réel des agents en charge de la collecte des déchets dans la commune d’Oran. Selon des sources maîtrisant ces données, la commune d’Oran dispose actuellement de moyens humains et matériels pouvant largement lui permettre d’assumer la mission de collecte des déchets ménagers dans les meilleures conditions. Mais des consultants de l’agence nationale des déchets ont révélé notamment que la centaine de camions disponibles et mobilisés pour la collecte ne font qu’une seule rotation par jour au lieu de deux et ne remplissent que partiellement le volume des bennes tasseuses en activité. En outre, expliquent-ils, les agents communaux chargés du ramassage des déchets et du nettoiement sont payés pour 6 heures de travail par jour mais ne travaillent en réalité que 2 heures en moyenne par jour. Et toujours selon ce premier constat établi par l’AND, la commune d’Oran paye des salaires pour 3.378 agents de collecte et de nettoiement, alors que sur le terrain on ne compte en réalité que 442 agents en activité. On sait, depuis longtemps, que les sureffectifs d’agents et la surcharge en personnel au sein de l’APC d’Oran constituent un dossier épineux pour les gestionnaires élus aux commandes communales qui n’ont apparemment ni le pouvoir décisionnel, ni la marge de manœuvre leur permettant d’assainir les situations. Prise en otage par un environnement et un système global de gouvernance excluant la rigueur et l’efficacité des solutions préconisées, la gestion de la Commune oranaise, la plus grande du pays en termes de population, ne pouvait au fil des ans que plonger dans l’abîme des replâtrages et des cafouillages, accentuant chaque année les déséquilibres administratifs et financiers et le poids des dépenses salariales souvent engagées sans aucune contrepartie rentable ou productive. Même parmi les élus désignés pour prendre en charge un secteur, une commission, ou une mission, certains, rares fort heureusement, ne figuraient sur l’organigramme que pour bénéficier de primes et avantages liées à leur présumé statut. Et malgré l’engagement et les efforts indéniables menés par le Maire en poste pour assainir les situations scabreuses et améliorer le fonctionnement des services de l’APC, c’est trop souvent la «résistance aux changements» et l’atavisme des luttes de clan qui ruinent les initiatives et aggravent certaines situations. Jusqu’à quand?
Par S.Benali