lundi , 21 janvier 2019

...:
La rue des Aurés en quête de «consensus»

Au détour d’une nouvelle visite le long de la rue des Aures, ex- la bastille, la Wali d’Oran a confirmé l’annonce d’un projet d’aménagement de ce marché pour un montant de 15 milliards de centimes. Il s’agit, précise-t-on, d’une première tranche qui vise à «offrir un nouveau visage à cette rue et la transformer dans l’après-midi, en une promenade pour les habitants et les visiteurs d’Oran» selon l’étude présentée. Lors de cette visite sur les lieux, le Wali d’Oran tenait à rassurer les commerçants sur le maintien de leurs activités dans cette ruelle après les travaux de réhabilitation qui y seront engagés. Durant les travaux, «des espaces seront proposés aux commerçants pour accueillir temporairement leur activités. Insistant sur la nécessité de lancer ces travaux de maintenance et de réhabilitation de la rue des Aurés, le Wali a néanmoins déclaré que «l’opération ne sera pas lancée s’il n’y a pas l’adhésion de tout le monde autour de ce projet». Un projet qui permettra d’embellir l’endroit et de redorer l’image de la Wilaya à l’approche du rendez vous important des jeux méditerranéens de 2021, « nous voudrions que ce marché reflète l’une des meilleures images de la wilaya» conclut-il. On sait que la rue des Aurés, toujours appelée par les oranais «rue de la bastille», abritant le marché de même nom, est l’un des repères urbains parmi les plus célèbres du centre ville. Mais depuis des années, la ruelle et son marché ne cessent de connaitre une dégradation avancée sans que les pouvoirs publics ne puissent mettre en œuvre un sérieux projet d’amélioration urbaine, digne des ambitions et des aspirations au progrès et à la modernité de la Cité. L’état de la chaussée, des canalisations d’évacuation des eaux usées, des parois même des vieux immeubles bordant cette rue pleine à craquer par les caisses de fruits et légumes, les cageots de poisson, les corbeilles de pain et autres produits alimentaires posés à même le sol, accentuent le décor insupportable dans cet espace urbain livré au chaos et à toutes les dérives. « Une situation, explique un vieux retraité résidant dans le quartier, qui a été entretenue par un certain «lobby des marchands de la rue de la Bastille» qui a toujours œuvré pour empêcher l’application de toute décision radicale, visant à améliorer cet espace à travers une véritable reconfiguration urbaine du quartier ». On sait que la plupart des anciens Maires et anciens Walis successifs n’ont jamais réussi à délocaliser cet ancien marché de la Bastille au bâtiment de l’ancienne cave viticole mitoyenne au centre commercial El Annik à la place Hoche. Cela aurait permis de réhabiliter le vieux bâti de cette ruelle et d’en faire un axe piétonnier moderne, digne du «standing et de la modernité» d’une métropole attractive… Aujourd’hui, la reprise promise de l’activité des marchands de fruits et légumes sur cette ruelle saturée, ne permet pas de garantir à moyen et long terme la préservation de l’état des lieux après réfection et rénovation de l’endroit. Tant on connait la «force» des mentalités et des pratiques illicites qui façonnent la clochardisation et la ruralisation avancée…

Par S.Benali