jeudi , 12 décembre 2019

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La sécurité, un enjeu stratégique

La situation au Sahel est-elle un facteur de déstabilisation de l’Algérie ? Au plan strictement politico-sécuritaire, la réponse est bien évidemment non. Puissance régionale respectée et dotée d’institutions pérennes, l’Algérie est très largement au dessus de ce genre de risque. Les mesures préventives prises par les autorités centrales à l’image de la fermeture des frontières ou le renforcement de la présence de l’armée dans la région du sud du pays, constituent des mesures techniques qui auraient été difficiles à concevoir si le pays souffrait d’un déficit institutionnel ou matériel. En d’autres termes, l’armée fait convenablement son travail et les politiques le leur au moment où la société ne semble pas préoccupée outre mesure par ce qui se passe au Sahel.
Cette distance qui existe bel et bien entre les Algériens et la situation au Sahel, même si elle ne constitue pas un danger immédiat pour la stabilité du pays et son intégrité territoriale, fait tout de même la Une de la presse nationale et revient très souvent dans les messages du président de la République adressée à de multiples occasions. Si le chef de l’Etat en appelle systématiquement à l’unité du peuple et au sens de la solidarité, c’est que ces deux acquis de la guerre de libération nationale, sont plus que jamais «convoqués» face à un danger qui, même s’il ne paraît pas très visible, ni imminent, n’en n’est pas moins concret et cible la cohésion de la Nation.
La situation dans les pays qui ceinturent l’Algérie, est l’un des facteurs qui appelle la vigilance de toute la société, non pas pour défendre le pays contre une probable violation de nos frontières, les éléments de l’ANP font déjà excellemment leur travail, mais pour déjouer des plans machiavéliques, ourdis dans certaines capitales occidentales dans le but de reconfigurer la géographie de toute la région. Le Mali et la Libye ne sont que les deux premières étapes, d’autres pays sont également concernés par les desseins des «stratèges» occidentaux. Les autorités centrales sont conscientes du danger qui guette le pays et soutiennent que seule une authentique démocratisation du pays peut le soustraire à la déstabilisation. Le message est clair. La main de l’étranger est une réalité, mais la solution n’est pas un recoquillement sur soi.

Par Nabil.G