samedi , 24 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Rencontre à la daïra d’Aïn El Türck  </span>:<br><span style='color:red;'>La société civile déplore le manque de quota de logements</span>

Rencontre à la daïra d’Aïn El Türck :
La société civile déplore le manque de quota de logements

Une rencontre improvisée a regroupé en fin de week-end, au siège de la daïra d’Aïn El Türck, des membres de la société civile, dont des représentants de comités de quartiers de la commune d’Aïn El Türck au chef de daïra autour principalement de la question du logement.

En fait, de la question du logement, les intervenants ont débordé sur celle des constructions illicites, considérées comme étant un des fléaux majeurs qui prive la population locale du logement social, dans la mesure où, la politique de lutte contre l’habitat précaire et la débidonvillisation, favoriseraient plutôt les familles dites sinistrées. Là aussi, les intervenants étaient un peu sceptiques quant à la définition exacte de sinistré, car pour certains d’entre eux, construire une habitation illicite et y habiter ne confère pas forcément à son protagoniste le titre de sinistré pour en faire une priorité dans le relogement. Sauf que l’Etat s’en trouve dépourvu face, d’une part, au phénomène des constructions illicites qui avance à une vitesse déroutante et de l’autre, la réoccupation des sites désaffectés suite aux opérations de relogement.
Ajouté à cela, la faiblesse des quotas de logements sociaux  attribués à la commune d’Aïn El Türck, en raison de la déprédation du stock foncier urbanisable et depuis peu, du foncier agricole, il va sans dire que la peur des citoyens de voir s’amenuiser la chance d’acquérir, un jour, un logement social, n’est pas pour les rassurer. Dans la commune d’Aïn El Türck, cette peur est symptomatique, avec près de 5000 demandeurs inscrits alors que seuls deux programmes de logements sociaux, l’un de 320 unités, à l’arrêt depuis plusieurs années et un taux d’avancement de moins de 30%, le second de 200 unités, encore sur plan. La seule chance qui s’était offerte à la commune pour voir son quota sauter d’un bond, fut le projet des 1000 logements sociaux qu’avait annoncé en 2018, l’ex ministre Temmar lors d’une de ses visites, mais qui fut bizarrement délocalisé vers la daïra de Boutlélis, pour une question de manque d’assiette foncière, a-t-on laissé comprendre.
Il est tout à fait vrai que le stock foncier urbanisable, jusqu’aux zones de servitude, a été complètement détourné au profit de promoteurs immobiliers et de coopératives immobilières, avec la complicité des élus locaux et d’administrateurs véreux. Pour en revenir à la rencontre, si le nouveau chef de daïra a eu le reflexe de recevoir ces citoyens, en revanche, les solutions proposées ne se bousculent pas pour régler cette question du logement et des constructions illicites.
Karim Bennacef