dimanche , 16 juin 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Aïn El Türck</span>:<br><span style='color:red;'>La station balnéaire se «chteïboise» !</span>
© Ouest Tribune

Aïn El Türck:
La station balnéaire se «chteïboise» !

Faut-il parler de laxisme ou tout simplement d’un état d’esprit, somme toute logique chez les responsables locaux d’Aïn El Türck, pour laisser faire certaines situations aberrantes et inconcevables qui contrastent indignement avec la vocation touristique de la station balnéaire qui se «chteïboise», pour faire le parallèle avec la localité de «Chteïbo» relevant de la commune d’Es Sénia, devenue la plaque tournante des revendeurs de matériaux de construction, de ferraille, de pièces détachées d’occasion et de toute sorte de brocante ? Et pour cause, faute d’une réglementation claire régissant l’activité économique dans certaines zones précises, l’image que renvoie la station balnéaire d’Aïn El Türck ressemble à tout, sauf à une région touristique, avec cette poussée effrénée de revendeurs de matériaux de construction et de magasins de brocantes qui ont pris pignon sur les principales artères de la ville, jusqu’aux quartiers résidentiels, pour étaler leurs marchandises et leurs produits à même le sol sur les espaces publics attenants aux commerces et même devant les devantures des habitations.
Visibles depuis l’autoroute qui mène du rond-point «Les Dauphins» à l’entrée d’Aïn El Türck vers les Andalouses, les revendeurs de matériaux de construction y ont établi leurs commerces tout le long des ilots d’habitations où sont exposées des montagnes de briques, des monticules de graviers de tout calibre et de sable de carrière, des claustras, des rouleaux de fer à souder, des barres de fer, des fûts et autres produits destinés à la construction. Et pour planter le décor, les tracteurs, les camions de transport, des grues et une nuée d’ouvriers y animent l’activité commerciale dans un gros nuage blanchâtre de poussière s’élevant au ciel provoqué par les chargements et les déchargements des marchandises ainsi que l’incessant va-et-vient des transporteurs. Pour le visiteur qui emprunterait pour la première fois cet axe, il se croirait tout bonnement dans une zone industrielle ou dans une zone d’extraction d’agrégats, alors qu’il s’agit de lotissements abritant des quartiers résidentiels dont la façade est sensée offrir une image plutôt touristique avec un ensemble de restaurants et de cafés, d’hôtels, de centres commerciaux, d’habitations fleuries, d’espaces verts, d’une aire de stationnement et autres prestations allant dans le sens de l’attractivité touristique.
Un contraste qui ne manque pas de soulever l’étonnement du visiteur qui pense, l’espace d’un instant avant d’avoir vu la mer, être dans une quelconque localité du pays. Ce même visiteur, ne sera pas offusqué de constater, quelques centaines de mètres plus loin, outre cet alignement de revendeurs de matériaux de constructions, une belle décharge sauvage sur sa rive gauche et des sites entiers abandonnés supposés constituer la Zone d’extension Touristique (ZET) d’Aïn El Türck, comme frappés par l’apocalypse et formant un effroyable paysage désertique. Comment peut-on laisser faire une telle situation, doit s’interroger le commun des mortels, mais apparemment, la résignation semble avoir outrageusement gagné les esprits et chez les responsables locaux et chez une grande partie des citoyens. Un ancien élu communal avait osé déclarer à propos de cet état de fait, et notamment à propos des revendeurs qui ont travesti tout un site de référence en zone d’activités, que la législation est claire à ce sujet: «La loi interdit tout entreposage de matériaux et c’est à la police de l’urbanisme de faire régner l’ordre». Selon cet interlocuteur, il aurait été judicieux de délimiter un espace approprié pour ce type d’activités et préserver, un tant soit peu le cadre touristique de la ville, tout en optant pour des activités allant dans le sens de la promotion du tourisme.
Le bon sens aurait voulu qu’il en soit ainsi, sauf que là aussi, la volonté politique locale, n’y est pas et ouvrirait même droit à des absurdités incommensurables, comme celle d’autoriser durant la saison estivale un concessionnaire de parking auto, à exploiter les ruelles de la coopérative Haï Nedjma, un site résidentiel, pour le stationnement des voitures des baigneurs et des visiteurs occasionnels. Un non sens qu’ont d’ailleurs fortement décrié les résidents de ce quartier qui ont adressé une requête accompagnée, à qui de droit, d’une requête.
Karim Bennacef