lundi , 17 décembre 2018
<span style='text-decoration: underline;'>L’intersyndicale de l’Education maintient sa grève pour aujourd’hui</span>:<br><span style='color:red;'>La stratégie du pire</span>
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L’intersyndicale de l’Education maintient sa grève pour aujourd’hui:
La stratégie du pire

Il faut dire que les revendications que portent cette intersyndicale ne concernent pas le secteur de l’Education nationale seulement, mais l’ensemble de la classe ouvrière nationale. Sur la liste donnée au ministère, on y trouve «l’amélioration de la situation sociale des corps communs et des professionnels, l’abrogation de l’article 87 bis du code de travail et l’institution d’une prime incitative, préservant leur dignité».

Les syndicats de l’Education nationale ont perdu tout sens de la responsabilité. Ainsi, après plusieurs heures de discussion avec des représentants du ministère et avec la ministre elle-même, jusqu’à une heure avancée de la soirée d’hier, les cinq syndicats autonomes ont pris l’étrange décision de maintenir leur grève prévue pour les journées d’aujourd’hui et demain. Cette intersyndicale se compose, rappelons-le, du syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), de l’Union nationale des personnels de l’Education et de la formation (UNPEF), du Syndicat autonome des travailleurs de l’Education et de la formation (SATEF), du Conseil des lycées d’Alger (CLA) et du Syndicat national des travailleurs de l’Education (SNTE).
La disponibilité de la tutelle n’a donc pas satisfait les responsables syndicaux qui ont campé sur leur position, arguant que le débrayage est la seule action possible pour attirer l’attention des pouvoirs publics. L’argument avancé par les syndicalistes, a été résumé par le coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST) Meziane Meriane qui a souligné dans une déclaration que la rencontre avec la première responsable du secteur n’était pas «des pourparlers». Autant dire que rien ne pouvait stopper le recours à la grève de ces cinq syndicats. Cela, revient à dire que cette intersyndicale n’a pas construit son mouvement sur la base de l’attitude de la tutelle, ni des pouvoirs publics en général. Une grève sans aucune justification. C’est en ces termes qu’il faille qualifier la démarche de ces organisations qui semblent plus pressées de montrer leurs muscles que de défendre les intérêts matériaux et moraux des travailleurs qu’ils disent représenter.
Il faut dire que les revendications que portant cette intersyndicale ne concernent pas le secteur de l’Education nationale seulement, mais l’ensemble de la classe ouvrière nationale. Sur la liste donnée au ministère, on y trouve «l’amélioration de la situation sociale des corps communs et des professionnels, l’abrogation de l’article 87 bis du code de travail et l’institution d’une prime incitative préservant leur dignité». On voit mal le ministère de l’Education nationale répondre à cette revendication. Il faut savoir que la problématique du 87 bis date de plusieurs années et concerne l’ensemble des travailleurs. Comment peut-on donc imaginer 5 syndicats autonomes défendre les intérêts de toute la classe ouvrière, sans débat préalable et sans aucune perspective sérieuse. Ce point précisément, relève de l’alibi pour justifier les deux jours de protestation, puisqu’il est impossible d’y répondre. Même le Premier ministre n’est pas habilité de répondre à ce genre de revendications qui engagent les équilibres financiers de toute la nation. Les cinq syndicats remettent également sur la table «la révision du régime indemnitaire et de la grille indiciaire des traitements des fonctionnaires en adéquation avec l’indice de vie, l’unification de la prime d’excellence dans les régions concernées (Sud et Haut Plateaux) et l’actualisation de la prime de zone sur la base du nouveau salaire de base». Un dossier qui exige des années de négociations et dépend de très nombreux facteurs sociaux et économiques. Inimaginable que 5 syndicats puissent faire des propositions sérieuses sur le sujet.
La seule revendication recevable qui consiste en «la révision des dysfonctionnements contenus dans le Statut des travailleurs de l’Education, l’application du décret présidentiel 14-266 concernant les diplômes d’études universitaires appliquées (DEUA) et de Licence et la révision de l’arrêté ministériel relatif aux examens professionnels et la révision de la note éliminatoire dans la matière non essentielle», est logique et est déjà prise en charge en travaux de commissions. Ces deux jours de grèves qui portent le sceau de l’illégalité, ne sont pas plus destinés à améliorer les conditions de vie des travailleurs qu’à installer une situation d’instabilité dans un secteur sensible.
Alger: Smaïl Daoudi