dimanche , 26 janvier 2020

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La voix de la paix est inaudible, Monsieur le Consul

Hier au cimetière chrétien de Petit Lac, le discours prononcé par M. le Consul de France à Oran était émouvant et sincère. Hommage a été rendu aux poilus français et algériens qui sont tombés dans le champ de bataille pour que vive la paix et la démocratie. Un sacrifice commun aux cotés de millions d’autres soldats qui ont fini par arracher cette paix portant le nom de l’armistice et qui a signé en ce 11 novembre 1918, la fin d’une première guerre mondiale qui a laissé derrière elle 18 millions de morts.
Mais que nous avons été naïfs en croyant que jamais le monde ne se lancera dans une autre guerre meurtrière après ce que nous avions vécu de 1914 à 1918. En effet, il ne fallait pas plus de 5 ou 6 années plus tard pour voir des mouvements extrémistes naître en Allemagne et en Italie pour déboucher sur une autre guerre mondiale encore plus meurtrière, à cause des doctrines nazies et fascistes, pour ne prendre fin qu’en 1945 faisant plus de 60 millions de morts.
Entre 1918 et 1939, Monsieur le Consul, nous n’avons rien vu venir. Nous avons cru que l’armistice avait scellé à jamais la paix sur notre planète. Aujourd’hui encore, malheureusement, nous ne voyons rien venir. Pourtant autour de nous, les extrémismes naissent un peu partout, y compris en Europe. Les conflits éclatent dans des régions précises, mais ils engagent toutes les forces armées de ce monde. En Syrie, en Palestine ou au Yémen, comme en Irak d’ailleurs, le monde se divise de plus en plus. Les fossés se creusent et les menaces engageant les grandes puissances de ce monde font craindre le pire.
Doucement mais sûrement, Monsieur le Consul, le monde glisse vers un autre affrontement généralisé. Et encore une fois, nous ne voyons rien venir. Nous nous cachons toujours derrière nos convictions d’une paix que nous savons pourtant bien précaire aujourd’hui. Force est de reconnaître, que nous le voulions ou pas, qu’après l’armistice de 1918 et le traité de paix de 1945, nous sommes encore incapables de tirer toutes les leçons qui s’imposent à nous.
Dans le monde d’aujourd’hui, il y a malheureusement, encore peu de place pour la paix, mais au contraire des immensités pour les affrontements, les guerres et les malheurs. Les voix des nationalistes et des extrémistes sonnent plus forts que celles des pacifistes et des démocrates. Nous sommes inaudibles, Monsieur le Consul, et le vent est en train de tourner. Au fond de nous, nous ne pouvons que constater notre impuissance face à ce monde qui court vers sa perte.

Par Smaïl Daoudi