dimanche , 26 janvier 2020

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La vraie révolution de l’humanité reste à faire

Au moment où les Algériens réfléchissent à comment se doter d’un Etat de droit, l’Amazonie brûle. Cela peut paraître inopportun de s’intéresser à cette question, qui relève de la survie de la planète, à partir d’Algérie, mais il faut bien se rendre compte que pendant que nous dialoguons sur le sort de notre République, des hommes sans foi ni loi sont en passe de réduire toute l’humanité à l’état de réfugié climatique.
Mais avant d’en arriver à créer une situation cauchemardesque en Amazonie, l’être humain a déjà sévi aux quatre coins de la planète et n’a rien épargné. Mêmes les immensités océaniques n’ont pas échappé à sa soif de domination. Pourtant, pendant des millénaires, la mer a constitué un élément central pour l’humanité. Axe de communication, source de nourriture et une véritable porte ouverte pour l’imagination des hommes. Toutes les civilisations qui, en se succédant, ont façonné l’être humain du 21e siècle, ont développé des légendes, des héros marins et montré un grand respect pour l’immense étendue d’eau. Nos ancêtres n’avaient pas les moyens de mesurer l’importance vitale des mers et des océans, mais ils devinaient sans doute que la vie humaine en dépend.
Ce rapport avec la mer, qui a toujours été par le passé celui de l’admiration et du profond respect, a évolué pendant les deux derniers siècles pour se transformer en une sorte de rivalité entre l’homme et la nature. Après les terres et les airs, l’homme s’est employé à domestiquer la mer, à en faire un énième outil dédié à son ambition illimitée. Bref, l’homme s’est lancé dans une vaste et puérile entreprise de « désacralisation » des océans. Une nouvelle caste d’individus a pris le pouvoir sur terre et décidé de souiller la mer, juste pour lui montrer qui est le maître.
Des hommes sans foi ni loi en ont fait une méga-décharge planétaire. Au nom du profit et d’un pseudo développement de l’humanité, ils ont créé une brèche dans l’histoire humaine, fait disparaître une multitude d’espèces marines et tentent aujourd’hui de liquider cette multitude, purement et simplement.
Les mers et les océans ont certes leurs défenseurs. Heureusement d’ailleurs que toute l’humanité ne soit pas à l’image de la caste sans foi ni loi. Mais force est de constater que les amis de la vie sur terre et dans les mers ne sont pas au pouvoir, loin s’en faut. Les exemplaires de l’homme nouveau, au mauvais sens du terme, sont aux commandes de la planète. Cela pour dire qu’avant nos ennuis politico-économiques, les petites guéguerres et les grandes guerres et avant les incendies dévastateurs d’Amazonie, les trois quart de la surface du globe est déjà en péril. En fait, c’est clair, la vraie révolution de l’humanité reste à faire.

Par Nabil.G