lundi , 16 décembre 2019

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L’Afrique doit revenir aux Africains

Ces derniers jours, il a été question de la Zone de libre échange africaine. L’Algérie qui compte prendre une part majeure dans la construction de ce «rêve économique africain», milite pour son émergence et déploie les arguments pour ce faire. Il faut savoir, à ce propos, que l’Afrique pèse 3.000 milliards de dollars en échange économique. Cela est un fait. Que les Africains veulent prendre leur charge leur propre avenir, cela se conçoit et c’est à encourager. Mais dire que ce sera une partie facile, dans un contexte mondial de prédation économique, c’est faire montre d’une grande naïveté. Et pour cause, la France, la Chine, les USA, la Turquie et bien d’autres puissances mondiales et régionales, entendent garder un œil très intéressé sur ce qui se passe dans le Continent noir.
L’intérêt est, bien entendu prioritairement économique, mais les moyens d’y parvenir sont tellement détournés que l’on se sent l’obligation de la suspicion. Prenons donc deux petits exemples très près de chez-nous: la France au Mali est les Etats-Unis au Niger. Les premiers guerroient au nord du Mali et les seconds s’engagent avec arme et Bagage au Niger. Dans les deux cas on précise que les missions sont prioritairement logistiques. Paris et Washington veulent accompagner les armées locales dans leur lutte contre le terrorisme. D’ailleurs, l’on aura aisément deviné que les drones US qui volent au dessus de l’Afrique occidentale sont censés donner un coup de main aux militaires français dans le cadre du G5 Sahel.
Ce qui est valable dans le Sahel, l’est également un peu partout en Afrique.
Ce que les Occidentaux ne voudront pas reconnaître, c’est qu’ils feront ce qu’il faut pour que l’Afrique soit maintenue dans un état permanent de dépendance, qu’ils n’hésiteront pas à monter des coups d’Etat pour garantir le soutien actif de certains gouvernements de nombreux pays, qui passent pour être parmi les plus pauvres de la planète. Les puissances occidentales poursuivent l’objectif premier de tirer un maximum de bénéfice du riche sous-sol africain.
C’est cela une partie de la réalité africaine, contre laquelle il va falloir lutter, pour réussir une mutation économique effective du Continent noir. C’est dire que les Africains ont devant eux un combat titanesque à livrer. Mais, il n’est pas impossible pour autant. Il suffit d’évoquer les indépendances de ces pays pour se convaincre qu’un «miracle» en politique est du domaine du possible. L’Afrique doit revenir aux Africains. La Zone de libre échange peut être le moyen d’y parvenir.

Par Nabil.G