lundi , 21 octobre 2019

...:
L’Algérie, acte 3 pour la stabilité et la relance

Un pas en avant, un pas en arrière. On ne peut nier l’authenticité et la force titanesque de notre Révolution pacifique, mais dans ces préliminaires, toutes les tentatives de dialogue et d’aboutissement patinent. La dernière en date, celle du panel conduit par l’ancien président de l’APN entre 2002 et 2004 n’a pas levé l’ancre que des fissures ont surgi. Dans cette autre séquence pathétique, tout autant que l’espoir immuable du peuple qui se renouvelle en continue, tout le monde est touché. En plein bouillonnement, l’échiquier d’un dialogue serein se recompose d’une initiative à l’autre. Le dernier panel souhaité par Karim Younes pourtant fort de 23 personnalités toutes respectées pour leurs valeurs intrinsèques d’honnêteté et de compétences, pesait lourd. Avec entre autres Mesdames Djamila Bouhired, Fatma-Zohra Drifa Ben Mhidi, Benbrahimi Fatma-Zohra, puis Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour, Ahmed Taleb Ibrahimi, Abdelaziz Rahabi, le professeur Rachid Hanifi, Lyes Zerhouni, Rachid Benyellès, se projetait des indices d’aboutissement. Mais cette entité s’est disloquée entre l’annonce des invités et la porte de l’enceinte dédiée à leurs travaux. Des figures historiques précédées de leur aura populaire, se sont décommandées, la plupart sans évoquer le fond de leurs pensées. Hamrouche justifia son retrait par sa conviction que le mouvement unitaire et pacifique du peuple qui est «depuis le 22 février 2019 neutralisé momentanément». L’ancien chef du gouvernement perçu comme le père des réformes entre 1989 et 1991, ajoute ne pas cautionner un environnement «emprunt d’une série de facteurs de déstabilisation et de menaces imminentes». Et dans sa vision de ce panel rapidement tronqué, Hamrouche interpelle ceux qui sont aux commandes «d’agir, de répondre au Hirak et de mobiliser le pays afin de le prémunir des pièges du chaos».
On ne peut manquer de voir dans ce tableau l’éminente urgence à nous extirper de ce qui ressemble à un marécage sournois. Mais est-ce pour autant admis qu’à chaque projet de dialogue inclusif les politiques et les experts de toutes obédiences ne se bousculent pas au portillon ? Ils sont nombreux à bouder le conclave présidé par Karim Younès et pas des moindres. Certains ambitieux chroniques parce qu’ils considèrent qu’ils n’ont rien à gagner. D’autres parce qu’ils cautionnent et défendent l’objectif phare du Hirak, celui d’éradiquer purement et simplement le système de la démocratie de façade, de l’injustice et du non respect des droits de l’homme.
Ces acteurs politiques, premiers soutiens des revendications de la société algérienne bluffée par les incantations du passé, n’enjambent les portes du dialogue que sur des engagements fermes de la part des décideurs actuels. Ce qui explique les défaillances en boucle de l’actuelle tentative à les réunir. Ainsi que des précédentes.
 A commencer donc par Karim Younès, toutes les personnalités sollicitées pour une réflexion sur la sortie de crise, exigent des préalables à ces requêtes, conditions immuables pour toute recherche de solutions durables et fiables. Celles-ci consistent en des mesures d’apaisement, des engagements qui nourrissent le mouvement populaire et justifient les marches intrépides et inoxydables. Selon Karim Younès, le chef de l’Etat par intérim ouvrirait des brèches en ce sens. Le Président Abdelkader Bensalah avait reçu le panel de Karim Younès le jeudi 22 juillet dernier. Confidences du timonier demeuré aux commandes de son navire malgré l’abandon du tiers de son équipage: «Bensalah s’est engagé devant nous à satisfaire certains préalables liés aux mesures d’apaisement. Nous sommes prêts à trouver une issue, mais on n’est pas prêts à marcher sur la volonté du peuple. Et si les engagements pris par la présidence ne connaissent pas un début d’exécution, le panel Tajma3th N’el Khir se réunira et examinera l’éventualité de la suspension de ses travaux».
Croisons les doigts. Sans les préalables à tout dialogue inclusif, l’instance de Karim Younès pourrait aller vers son autodissolution. Faut-il risquer que la tragédie politique ne se joue qu’en termes de refus de concession, et donc de morale ? Les lourdes portes de la maison Algérie ne doivent pas se refermer sur le dialogue. Dans cet exercice de trapézistes, il ne s’agit pas de négociations, loin de là, mais d’un enjeu commun, celui de sauver l’Algérie d’une zone grise de la déstabilisation.
Vous savez, dans les Révolutions il y a deux sortes de gens: ceux qui les font et ceux qui en profitent. Grâce au Harak, ceux qui ont profité de l’Algérie seront tous éliminés. La voie est donc libre pour semer la stabilité et une nouvelle ère pour notre pays.
Par Fayçal Haffaf