jeudi , 19 octobre 2017
<span style='text-decoration: underline;'>Crise entre le Qatar et ses voisins</span>:<br><span style='color:red;'>L’Algérie en position de médiateur</span>

Crise entre le Qatar et ses voisins:
L’Algérie en position de médiateur

Deux hauts responsable du Qatar et des Emirats arabes Unis, ont séjourné au même temps à Alger et on discuté avec Abdelkader Messahel du même sujet, à savoir la crise entre le Qatar et ses voisins. Alger est donc fortement sollicité.

Alger: Smaïl Daoudi

Dans la nouvelle crise qui ébranle le Moyen Orient, après la rupture des relations avec le Qatar, décidée par l’Arabie saoudite et quatre autres voisins de l’Emirat, la position de l’Algérie est fortement appréciée par l’un des belligérants. Doha estime, en effet, que l’attitude d’Alger a été «honorable».
Cette déclaration qui s’apparente à un remerciement du Qatar en direction de l’Algérie pour n’avoir pas suivi aveuglément l’Arabie Saoudite a été exprimé ce jeudi à Alger par le ministre d’Etat qatari aux Affaires étrangères, Soltan bin Saad Al-Muraikhi. L’hôte d’Alger a mis en avant l’appel de l’Algérie à faire prévaloir le dialogue.
«C’est le premier pays à avoir rendu public un communiqué pour appeler au dialogue et c’est ce à quoi nous œuvrons avec de nombreux pays dans la région» a indiqué le ministre d’Etat qatari aux Affaires étrangères devant la presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel. «L’Algérie en tant que grand pays dans le monde arabe, peut, de par son influence dans la région, jouer un rôle dans les relations interarabes», a souligné Soltan bin Saad Al-Muraikhi. La demande n’a pas été clairement formulée devant les médias, mais une médiation algérienne dans ce nouveau conflit semble fortement intéresser le Qatar, sachant le respect dont jouit l’Algérie auprès des dirigeants de l’Arabie Saoudite.
Le chef de la diplomatie qatari, a donné quelques indices favorisant cette lecture, en relevant que sa mission algéroise était axée sur «l’examen des relations bilatérales et des derniers développements survenus au Golfe entre notre pays et l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn». C’est dire que les deux ministres, algérien et qatari, ont réservé l’essentiel de leur entretien à la crise qui a récemment éclaté au Moyen Orient.
On retiendra dans ce nouveau «feuilleton arabe», la réaction rapide et sage de la diplomatie algérienne qui, dans un communiqué rendu public quelques heures seulement après la brutale décision des ruptures diplomatiques entre l’Arabie Saoudite et ces alliés, avec le Qatar, a affirmé que l’Algérie «suit avec une grande préoccupation la dégradation des relations entre certains pays du Golfe et de la région et leurs répercussions sur l’unité et la solidarité du monde arabe». Alger a aussi appelé «l’ensemble des pays concernés à adopter le dialogue comme seul moyen de régler leurs différends et de transcender les divergences qui peuvent naturellement surgir dans les relations entre Etats». Cela tout en recommandant l’observance «en toutes circonstances, les principes de bon voisinage, de non ingérence dans les affaires internes des Etats et du respect de leur souveraineté nationale».
Le même communiqué relève que l’Algérie «reste confiante que les difficultés actuelles ne peuvent être que conjoncturelles et que la sagesse et la retenue finiront par prévaloir tant les véritables défis qui se dressent devant la marche des pays et des peuples arabes vers une solidarité agissante et une unité effective, sont nombreux dont le terrorisme n’est pas des moindres». Un discours dénué de tout calcul politicien, en sus d’une réelle sincérité susceptible de donner un rôle d’intermédiaire respecté et désintéressé dans cette affaire.
Le rôle de l’Algérie s’en trouve d’ailleurs quelque peu confirmé, à voir le ballet diplomatique qui semble d’organiser autour d’Alger. A ce propos, le même jour que le ministre qatari, le ministre des Affaires présidentielles des Emirats Arabes Unis, Farès El Mazroui, a été reçu par Abdelkader Messahel. Les deux hommes ont évoqué les développements récents dans la région du Golfe, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères. «A l’occasion de cet entretien, le ministre émirati a fait le point sur les développements récents dans la région du Golfe», précise la même source. Le ministre des Affaires étrangères a rappelé lors de cet entretien, «la position algérienne depuis le déclenchement de cette crise et la nécessité de régler par le dialogue les différends et les conflits qui peuvent surgir entre pays frères et voisins».