dimanche , 24 mars 2019

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L’Algérie: en premier chef, la plénitude

Ce que des médias français ont qualifié «une Révolution en douceur», ou d’autres, «une réaction de rue en velours», se présente plus authentiquement qu’un mouvement citoyen qui vient d’inventer une voie inédite, jamais pensée ou matérialisée dans l’ensemble du monde en développement. La planète politique entière, s’est inclinée devant la dimension intellectuelle, pacifique et festive par endroit de la société civile algérienne, dans toute sa composante et ses générations. Un leitmotiv central, une revendication objective pathétique, un espoir pour une ère nouvelle, autant de souhaits que le Président Abdelaziz Bouteflika a publiquement reconnu de légitimes. Même les plus irréductibles avocats du système politique en cours, se sont rangés, graduellement, à l’évidence d’un changement et de décisions fortes dont le chef de l’Etat a déjà mentionné après s’être totalement démarqué d’un cinquième mandat.
Les vœux exprimés par le peuple algérien dans une tenue, une discipline et une classe applaudie par la planète entière, géographiquement et politiquement parlant, auront finalement sensibilisé jusqu’aux socles du système. Si les plus hauts décideurs du pouvoir, armée, présidence, gouvernement, coalition présidentielle, groupements économiques, centrale syndicale, se sont rangés derrière les sacro saintes valeurs de liberté d’expression et de choix politique entonnés depuis le 24 février dernier, c’est bien parce que tous les cadres et gestionnaires du pays percevaient l’urgence d’un changement de système. C’était le moment où, paradoxalement, le temps commençait à délaisser les rêves et espoirs de la société algérienne. La répétition et l’accélération des décisions inopportunes, défient l’attente, l’impatience. Elles provoquent la sagesse et la résignation. Et forcément, elles génèrent les impressionnantes mobilisations de foules dont nous commençons à peine à mesurer les effets. Et justement, aujourd’hui, la dernière décision du Président de la République ainsi que la conférence nationale sur le devenir de la Nation, suspendront-ils ce mouvement et dénuderont-ils cet espace de manifestations qui ne sera apparemment jamais saturé, tant que toutes les sensibilités sociales du pays ne seront pas convaincues par des transformations institutionnelles et des challenges économiques. Pour l’heure, ce combat de la génération multimédia ne paraît pas s’essouffler, tant que les actions concrètes architecturées par les timoniers de la transition, n’éclaireront pas le quotidien. L’énergie des futurs metteurs en scène de la stratégie politique, la clarté, les destinations et les cibles des imminents chantiers prêts à démarrer, évacueront ou non le marasme actuel. Le chef de l’Etat a démontré qu’il avait conscience des tâches à entreprendre, des impacts qui en découleront et des lectures qui s’en grefferont. Dans l’ère post-historique qui se dessine, n’importe quel faux pas, toute maladresse d’anticipation briseront les espoirs reconduits sur l’autel de la confiance. Si elle sera reconduite. Simplement parce que l’intolérance à la continuité du système politique, a marqué au fer rouge les esprits et les attentes sans cesse reportées.
A ce jour, nul ne sait comment pourrait évoluer la crise actuelle. Seule évidence, Abdelaziz Bouteflika ne s’alignera pas sur la compétition électorale. Les marques et les félicitations des chefs d’Etats étrangers et des diplomates internationaux envers cette décision, nous édifient de ce qu’ils pensaient du nœud inextricable de nos présidentielles, finalement reportées à la fin de l’année 2019. Les Etats Unis, la France et l’Union Européenne, ont affirmé «soutenir le peuple algérien dans son droit à s’exprimer, à manifester, à choisir ses dirigeants et à décider de ses dirigeants». Depuis Djibouti et en présence d’Ismail Omar Guelleli son hôte, «Macron salue la décision du Président Bouteflika et a appelé à une transition d’une durée rapide». Sinon les interrogations et les projections se greffent les unes aux autres. Les commentaires s’entrechoquent: «Bouteflika a-t-il reculé par bons sens ou simplement pour sauver le régime ?», titrent de nombreux supports. Seule sensation réelle perçue par la population, les inquiétudes et les angoisses injectées par les mots d’ordre permanents par de «courageux» inconnus, à recourir encore à des grèves, voire «à la désobéissance civile». Des comportements dangereux, ne servant absolument pas le peuple algérien, mais qui arrangeraient des forces occultes cherchant le pourrissement de la situation et la mise en place de mesures exceptionnelles.
Parce qu’en vérité, les ennemis de la Nation sont calfeutrés entre nos pierres. Jamais, vigilance n’aura été aussi vitale et permanente dans les manifestations annoncées.
Par Fayçal Haffaf