dimanche , 15 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Le dernier rapport du FMI le reconnaît explicitement</span>:<br><span style='color:red;'>L’Algérie peut surmonter le choc pétrolier</span>
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Le dernier rapport du FMI le reconnaît explicitement:
L’Algérie peut surmonter le choc pétrolier

Le FMI qui avait préconisé l’effondrement de l’économie algérienne en 2015, puis en 2016, si le gouvernement ne suivait pas ses «conseils», constate que l’Algérie s’en tire bien, mais le Fonds continue de donner les mêmes conseils pour 2018.

Le FMI confirme dans son dernier rapport tout le bien que ses experts pensent de la résilience de l’économie algérienne face à la crise financière induite par la baisse des recettes pétrolières. Dans le même rapport, rendu public jeudi dernier, l’institution de Breton Wood préconise néanmoins, les mêmes mesures déjà proposées à l’Algérie en 2014, au moment de l’éclatement de la crise. Il faut savoir, en effet, qu’au même moment, le FMI loue les efforts déployés par les autorités centrales pour gérer la situation et propose au gouvernement de dévaluer le dinar et recourir à l’endettement extérieur. Ces «conseils» valent pour le futur immédiat, selon le rapport du FMI, pour donner un maximum de chance à la croissance.
Concrètement, le rapport de l’institution financière internationale, rapporte que «les administrateurs saluent les efforts que les autorités déploient pour s’adapter au choc pétrolier». De fait, l’activité économique en Algérie, a «été globalement résiliente en dépit des défis importants posés par la baisse des cours de pétrole». On notera que la croissance économique est restée soutenue en 2016 s’établissant à 3,5%, ce qui constitue une prouesse, si l’on tient compte des résultats d’autres nations pétrolières, à l’image du Brésil qui a traversé deux années de récession.
Il reste que pour 2017, le Fonds est moins optimiste pour la croissance, puisqu’il la situe autour de 1,3% dans ce rapport contre 1,4% anticipé en avril dernier. Pour 2018, les prévisions sont bien plus moroses, l’économie algérienne n’enregistrant, selon le FMI que 0,7% de croissance, même si dans son rapport d’avril, le FMI tablait sur 0,6% seulement. Quant aux causes de cet avenir économique plutôt compliqué, avec son lot de chômage en hausse et de creusement du déficit, l’institution de Bretton Woods le met sur le compte d’un essoufflement du secteur hors hydrocarbures qui subit une réduction des dépenses de l’ordre de 2,9% pour 2016. Pour ce qui concerne la «star» des indices macroéconomiques, à savoir le taux d’inflation. Il est en hausse constante depuis trois ans. «Il est passé de 4,8% en 2015 à 6,4% en 2016 et se chiffrait à 7,7%, en glissement annuel, en février 2017», relève le rapport du FMI annonçant la poursuite de la hausse des prix, ce qui ne peut constituer une bonne nouvelle pour les ménages. «Le taux de chômage s’est établi à 10,5% en septembre 2016, selon les mêmes chiffres», lit-on dans le document du FMI. La bonne nouvelle nous vient de la dette extérieure qui «reste très faible et devrait représenter 2,5% du Pib en 2017 et 2,7% en 2018, alors que le déficit budgétaire s’établirait cette année à -3% contre – 14% en 2016.»
Partant de ces chiffres mi figue mi raisin, mais qui montrent globalement une excellente tenue des indicateurs économiques du pays, le FMI préconise quelques conseils, notamment «un dosage équilibré des mesures de politique économique, ainsi que des réformes structurelles ambitieuses pour assurer la viabilité des finances publiques, réduire les déséquilibres extérieurs et diminuer la dépendance à l’égard des hydrocarbures». Derrière ce propos apparemment en faveur des autorités centrales, le Fonds souhaite plus d’options de financement pour faire face à la baisse des recettes pétrolières. En terme clair, il s’agit d’«un éventail plus large de possibilités de financement» de l’économie. Le FMI ne tourne pas trop autour du pot avant de sortir sa panoplie de mesures, dont «un recours prudent à l’endettement extérieur et la cession d’actifs publics». Un euphémisme pour dire privatisation des entreprises publiques. Cela, en plus d’une dévaluation de la monnaie nationale. L’association de toutes ses mesures devrait «fournir une marge de manœuvre budgétaire pour opérer un ajustement plus progressif et plus propice à la croissance que celui prévu actuellement», note le FMI dans son document.
Ces actions pourraient donner leurs fruits et démentir les prévisions actuelles, d’autant, constate le FMI, que les réserves internationales nettes de l’Algérie, restent à «un niveau confortable». Il faut savoir, à ce propos, que les réserves brutes de l’Algérie ont représenté 22,5 mois d’importation en 2016 et devraient baisser à 19,5 mois cette année, selon les mêmes projections.
En un mot, comme en mille, le FMI qui avait préconisé l’effondrement de l’économie algérienne en 2015, puis en 2016, si le gouvernement ne suivait pas ses «conseils», constate que l’Algérie s’en tire bien, mais le Fonds continue de donner les mêmes conseils pour 2018.

Alger: Smaïl Daoudi