samedi , 4 avril 2020

«L’allégeance au plus fort du moment…»

A quelques semaines des élections locales, les Oranais anonymes, s’interrogent encore une fois sur la portée, l’impact, voire même l’utilité sociale de ce scrutin, inscrit à l’évidence en artifice indispensable, au décor de la façade démocratique. «A quoi sert un maire, un P/APW, un élu local ?» La question, même si elle n’est pas clairement formulée, se devine sur toutes les lèvres, résumant à elle seule, les attentes et les préoccupations de l’opinion locale. Annoncées en événement majeur, devant avoir lieu le 23 novembre prochain, les élections des assemblées communales et de wilayas agitent les sphères partisanes locales, sans pour autant animer le légitime débat sur le pitoyable état des lieux de nos collectivités locales. Notamment à la wilaya d’Oran, marquée on le sait, par un net recul de l’hygiène publique et de l’entretien des espaces urbains. Les banlieues et communes environnantes, les cités d’habitat périphériques, les rues et ruelles des quartiers et même certaines artères du centre-ville débordent de saleté, avec les déchets ménagers non ramassés, les détritus, les sachets en plastique et les tas de gravas qui s’amoncellent ici et là. Sur l’ex-belle avenue Loubet, l’ancien café Majestic, transformé en siège d’agence bancaire, est aujourd’hui fermé, abandonné, offrant aux passants, la laideur d’une façade cramoisie, indigne du statut de la Capitale oranaise. Malgré les efforts indéniables de quelques rares responsables et élus, Oran est encore loin de pouvoir en finir avec les rues et trottoirs sales et délabrés, les chaussées défoncées, les échafaudages accrochés depuis des années aux façades des immeubles, causant la gène et les nuisances, à la circulation normale des piétons…Face à cela, les walis passent et se succèdent à Oran, devenant même parfois des ministres de la République, tandis que la ville n’enregistre aucun succès tangible ou résultat probant, en matière d’hygiène et d’environnement. Pour les gouvernants, la seule obligation de résultats, se résume à la consommation des crédits, affectés aux différents programmes de réalisation, notamment les écoles et les logements. La lutte contre la prolifération des bidonvilles et le commerce informel, a atteint depuis longtemps, ses limites, dévoilant l’incapacité et l’absence d’un Etat défaillant. Dans presque tous les secteurs, de l’Université à la santé, en passant par le transport, le tourisme, le sport ou la culture, les déficits s’aggravent et les carences s’accumulent. Et que peut donc faire un Wali, aussi sincère et engagé soit-il, quand les grands décideurs et les Ministres en charge des dossiers, continuent d’afficher une désinvolture aux limites du mépris, envers l’avenir collectif des citoyens.

Par S.Benali