jeudi , 23 novembre 2017
<span style='text-decoration: underline;'>Le RND, le FLN, TAJ et le MPA en conclave</span>:<br><span style='color:red;'>L’alliance présidentielle fait bloc</span>
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Le RND, le FLN, TAJ et le MPA en conclave:
L’alliance présidentielle fait bloc

La contre-offensive des acteurs du pouvoir passera nécessairement par une explication du plan d’action du gouvernement. Outre l’aspect économique qui semble mobiliser les politiques et les médias, les Ould Abbes et consorts, sont également appelés à prendre cette opposition par surprise et déployer des aspects novateurs dudit plan, notamment dans ces aspects liés à la gouvernance et à la pratique démocratiques.

Les partis de la majorité présidentielle, représentés à l’APN, ont repris langue hier, après plusieurs années de silence. A l’initiative du Premier ministre Ahmed Ouyahia, les quatre formations politiques, le FLN, le RND, le MPA et TAJ, ont tenu leur première réunion hier, vers 16 heures. Ce «Sommet» qui remet Ouyahia au centre de l’action politique, un domaine où il excelle, a également la fonction de donner au pouvoir une «voix» au sein de l’APN, mais aussi et surtout, sur la scène politique, actuellement occupée par la préparation des prochaines élections locales. Il va de soi que cette rencontre ouvre la voie à l’officialisation d’une alliance présidentielle stratégique sur le modèle de celle qui avait réuni le FLN, le RND et le MSP à l’orée du 3ème millénaire. Les trois personnalités qui viendront soutenir Ahmed Ouyahia dans le combat politique qui s’annonce sans concession, eut égard à la proximité d’éché-ances électorales majeures, à l’image de la Présidentielle dont la date se rapproche à grands pas, apporteront de l’eau au moulin du Premier ministre dans les prochains mois. Djamel Ould Abbes, Amara Benyounes et Amar Ghoul représenteront les figures politiques du pouvoir et il faut s’attendre à les voir régulièrement dans des sorties politico-médiatiques pour répondre aux coups de boutoir de l’opposition. Egalement invitée à cette rencontre, l’étoile montante du RND, Chihab Seddik, jouera, à n’en pas douter, un rôle tout aussi central que celui des autres chefs de la majorité dans la défense des thèses développées par le gouvernement.
Il faut dire que cette alliance n’est pas de trop dans un contexte politique quelque peu électrifié par des attaques de l’opposition et certains autres cercles sur les choix économiques du gouvernement. L’accordement des violons des premiers responsables des partis de la majorité, donnera de la consistance au discours du gouvernement et apportera plus de lisibilité à une opinion publique, actuellement sous le feu nourri d’une partie de l’opposition qui semble vouloir monopoliser la scène politico-médiatique.
La contre-offensive des acteurs du pouvoir passera nécessairement par une explication du plan d’action du gouvernement. Outre l’aspect économique qui semble mobiliser les politiques et les médias, les Ould Abbes et consorts sont également appelés à prendre cette opposition par surprise et déployer des aspects novateurs dudit plan, notamment dans ces aspects liés à la gouvernance et à la pratique démocratiques. Cela passe par une campagne sérieuse pour intéresser les Algériens aux prochaines élections locales. Mais, plus profond encore, en matière de gouvernance, l’alliance est censée expliquer l’action du gouvernement en matière de lutte contre la bureaucratie. Trouver les mots pour convaincre les citoyens de la volonté gouvernementale d’aller vers la simplification des procédures administratives, l’amélioration de l’organisation de l’administration publique et de ses démembrements, la mise à niveau des règles devant régir les rapports entre l’Administration et les usagers du service public, l’amélioration de la prise en charge des administrés, le développement de la concertation et du dialogue entre l’administration et les administrés, constituent autant d’action que le gouvernement promet de lancer et que les partis doivent «vendre» aux Algériens. Cela, sans oublier, la «mère des réformes» anti-bureaucratie et qui consiste à développer la société d’information, à travers la promulgation de loi fixant les règles générales de la Poste et des Communications électroniques déposées au Parlement et soumettra un projet de loi sur le commerce électronique.
Autre chantier prévu et qui intéresse les citoyens au plus haut point, est en rapport ave la Justice qu’il va falloir moderniser à travers, la révision du Code pénal, du Code des procédures pénales, du Code de l’Organisation pénitentiaire et de la réinsertion sociale des détenus, de la loi relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. De plus, le gouvernement prévoit dans son plan d’action, de rendre plus efficace les nouveaux instruments de politique pénale ciblant en particulier, la délinquance urbaine, la criminalité économique et financière, le crime organisé, le terrorisme et la cybercriminalité.
Il faut dire que l’alliance présidentielle voulue par Ahmed Ouyahia, n’est pas un «luxe», mais répond à l’impératif déploiement du pouvoir au sein de la société pour réussir la communication dynamique que le chef de l’Etat a appelé de ses vœux, lors du dernier Conseil des ministres.

Alger: Smaïl Daoudi