dimanche , 17 février 2019

L’APC d’Oran en lutte contre la Harga

Lors d’un récent Conseil de l’exécutif communal, le maire d’Oran M. Norreddine Boukhatem, a affiché sa ferme volonté de multiplier les efforts et les initiatives visant à résorber le fléau de l’émigration clandestine, plus connu sous le dur vocable de la «Hargua» suicidaire. C’est semble-t-il le premier P/APC du pays qui a eu, disons-le, le courage d’inscrire à l’ordre du jour du conseil communal, cette douloureuse question sociale qui interpelle à la fois les gouvernants et toute la société.
«Nous sommes tous collectivement responsables de ces tragiques situations où certains de nos jeunes concitoyens, des garçons, des filles et même parfois des enfants, perdent la vie en allant tenter une traversée dangereuse parce qu’ils croient pouvoir trouver ailleurs un meilleur horizon…A nous tous d’expliquer, de sensibiliser et surtout de répondre aux attentes de ceux qui véritablement sont en situation précaire par manque d’emploi et de perspectives». Un discours qui, pour certaines mauvaises langues, peut paraître inutile ou utopique, mais qui en réalité met le doigt sur le rôle et la responsabilité des élus locaux qui en principe sont les mieux placés pour connaître, cerner et prévenir ce fléau de la hargua qui se répand à travers les quartiers. Et il est vrai, en effet, que la hargua, souvent abordée dans les débats entre des jeunes d’une cité d’habitat, comme celle de l’USTO, est loin d’être un sujet tabou.
Bon nombre de candidats expriment souvent leur intention de «Brûler», pour dire partir illégalement, expliquant même qu’ils attendent de ramasser le pécule nécessaire au paiement de la traversée. On peut très bien penser que ces jeunes administrés, s’ils étaient pris en charge avant de passer à l’acte, choisiraient peut-être de rester pour continuer leur vie dans leur pays.
Malheureusement, les sirènes de la «belle vie» et de «l’argent facile à ramasser», ne cessent d’attirer certains amateurs peu ouverts au sens, et aux valeurs, du travail, des efforts et surtout de la citoyenneté.
S’agissant du chômage, qui dans la majorité des cas, sert d’argument majeur aux candidats à la harga, le Maire d’Oran a judicieusement demandé aux gestionnaires élus de chaque secteur, de cerner les attentes et les besoins sur leur «terrain de proximité». Un premier projet de création de micro-entreprises, notamment dans le domaine de l’entretien des immeubles et des espaces publics, sera lancé par l’APC.
Au delà des théories et des débats d’experts sur les causes et les moyens de lutte contre le fléau de la hargua, l’APC d’Oran veut s’inscrire dans des actions concrètes et immédiates, permettant de créer des emplois et pourquoi pas…de sauver des vies.

Par S.Benali