dimanche , 15 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Oran dans tous ses états </span>:<br><span style='color:red;'>L’apothéose</span>

Oran dans tous ses états :
L’apothéose

«C’est un couronnement purement algérien arraché à l’algérienne, la victoire des verts sur les sénégalais à l’issue de la plus grande bataille sportive de tous les temps qui a mis en suspens les 40 millions d’habitats de la pointe de l’Afrique, l’Algérie». Les 90 minutes de la confrontation muselée et musclée ont provoqué un mouvement unique marqué par une liesse et une allégresse indescriptibles qui ont duré toute une nuit.

À l’instar du reste du pays, tous les habitants des coins et recoins, cités et quartiers de la ville, douars et autres localités de la deuxième capitale du pays , El Bahia-Wahrane, ont fêté cette fin heureuse d’une compétition dont le titre est revenu aux gars de Belmadi. De tempérament fêtard et aimant les bonnes choses, les oranais ne se sont pas démenés à transformer leur ville en un grand théâtre à ciel ouvert.
Son parterre a servi d’orchestre où ils ont laissé libre court à toutes formes d’expression, corporelle en dansant, gestuelle en parlant à peine tout en jubilant de bonheur, dans une explosion de joie. Les Fennecs, partis à la conquête de l’Afrique, ne rentrent pas berdouilles. Bien au contraire, ils rentrent avec leur dulcinée qu’ils ont amadouée en douceur pendant prés d’un mois d’époustouflants efforts avant de reprendre le titre africain après une attente qui a duré 29 longues années. La Dame d’Afrique, toute scintillante, porte désormais la nationalité algérienne.
Fêter cette consécration a poussé les oranais à déserter leurs domiciles pour célébrer un tel exploit, en communion, sous les couleurs nationales et l’hymne national. Un tel constat est frappant. Ces fêtards ont, par le biais de leur action, tout simplement remercié ces Verts ayant hissé haut le drapeau national dans le pays du Pharaon sous les regards des millions des connaisseurs. Là est toute la symbolique qui se dégage chez les oranais en célébrant, durant toute une nuit, la victoire à l’arrachée des guerriers du Sahara. À pieds, à bord de voitures et de bus, la destination visée était le centre-ville. Les ruelles étaient noires de monde. Les rues Larbi Ben Mhidi, Khemisti, la rue Mostaganem, Garguenta, la place du 1er Novembre (ex-place d’Armes), place du Lycée Lotfi, El Bahia, place Fontanelle, Gambetta, Insep, Maraval, Protin, Cité Petit, Es Senia, Arzew, Bir El Djir, ont, en un laps de temps, envahis par une marée humaine jamais égalée auparavant. Les rues d’Oran ont été animées par les rythmes de «One, Two, Three, viva l’Algérie!». Des concerts de klaxons assourdissants ont, tout le long de la soirée de vendredi à samedi déchiré le silence de la nuit oranaise. Du haut des balcons, les youyous stridents des femmes ont fait sortir les plus réticents.
En un mot, l’explosion de joie était totale. Pleurant de joie, dansant et jubilant, les Oranais ont donné libre cours à leurs émotions et leurs mouvements. Ils se sont longuement impatientés pour vivre ces grands moments de grand ravissement. Cela faisait bien longtemps que les Oranais attendaient cette bouffée d’oxygène aux senteurs des couleurs vertes. Ces Algériens n’ont ni jubilé ni savouré une telle victoire depuis belle lurette. Ils n’ont pas dissimulé leur hargne de vivre. C’est cette petite phrase qui résume toute l’ambition des habitants de cette Capitale méditerranéenne qui se prépare activement pour les Jm 2021.

Mohamed Aissaoui