dimanche , 26 janvier 2020

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L’appel aux artistes

Les Algériens ont clairement exprimé leur détermination de ne pas lâcher du lest. Ils l’ont faite vendredi dernier et ne sont visiblement pas près de laisser passer l’occasion de donner tout son sens à leur rêve démocratique qu’ils appellent de leur vœu depuis des décennies. Et pour cause, durant toutes ces années et malgré le développement incontestable de son niveau de vie, l’Algérien moyen donne de lui cette désagréable image de ne pas être dans son élément en Algérie et ne s’en cache pas. Il y a un problème qu’il n’arrive pas lui-même à identifier. C’est peut-être un désir de plus de liberté et de rigueur dans la gestion des affaires publiques. Mais est-ce réellement son seul souci ? Osons donc un petit décryptage pour comprendre ce qui ne va pas.
On pourrait ainsi penser au pouvoir, à la corruption aux horizons fermés…etc. A y voir de plus près, on est amené à croire que ce n’est pas du tout cela en tous cas, pas que cela. En fait, ce sont les médias officiels qui disent indirectement aux Algériens, «Mais qu’est-ce que vous faites ici ?» Et pour être précis, ce sont certaines émissions artistiques qui se font un malin plaisir de n’inviter que des artistes algériens vivant à l’étranger. Et bien, à force de voir tous ces artistes qui courent après la carte de séjour, dès la première escale en France, l’Algérien d’en bas, a cette désagréable sensation de vivre dans un pays sans âme. Que peut-on donc faire dans un pays que les artistes fuient comme si c’était l’enfer sur terre ? Et bien, la déprime permanente.
En fait, ce qui ne va pas en Algérie, c’est que nous avons une génération d’artistes et d’intellectuels qui ne sait pas s’assumer, qui préfère l’exil doré parisien à la vie dans sa société pour l’accompagner dans ses joies et ses douleurs. L’argument de la répression politique ne tient pas du tout la route. Kateb Yacine, Abdelkader Alloula, Maatoub Lounes, sont autant de noms qui n’ont jamais cautionné le système mais donnaient un vrai sens au mot «Algérien». A leur époque, la Harga n’existait pas. Que nos artistes d’aujourd’hui méditent ces beaux exemples et rentrent au pays pour redonner son âme à l’Algérie. Les grandioses marches populaires, c’est bon. Mais ce serait encore mieux que cette vague d’optimisme démocratique soit amplifiée par le peuple des artistes. L’art est très important dans toute société. La nôtre et en ce moment précis, à plus forte raison.

Par Nabil.G