mercredi , 13 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Le Conseil des ministres a adopté les deux projets de lois</span>:<br><span style='color:red;'>La présidentielle est la seule voie de salut</span>

Le Conseil des ministres a adopté les deux projets de lois:
La présidentielle est la seule voie de salut

La communication du vice-ministre de la Défense a donné le ton quant à l’importance d’organiser l’élection présidentielle dans les plus brefs délais. Pour ce faire, l’adoption des deux lois constitue un facteur déterminant dans le processus engagé avec l’entame de la mission de dialogue pilotée par l’Instance de Karim Younes.

Le premier Conseil des ministres sous la présidence de Abdelkader Bensalah a donné lieu à l’adoption de deux avant-projets de loi portant amendement au code électoral et à l’Autorité supérieur d’organisation des élections. L’exécutif a ainsi endossé les propositions faites par l’Instance nationale de dialogue et de médiation. Le propos essentiel de cette double adoption poursuit l’objectif premier de garantir un déroulement transparent de la prochaine élection présidentielle. Il convient de souligner, à cet effet, une intéressante communication du vice-ministre de la Défense, le général de Corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, où il a mis en évidence l’apport de l’Institution militaire dans la gestion de la crise institutionnelle que vit le pays. «L’Algérie a pu, grâce à ses vaillants fils et à leur tête l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libération nationale, dépasser cette phase et se préparer, après une courte période, à organiser les présidentielles qui constituent la voie pour se relever de ses cendres et sortir de cette crise», a souligné le vice-ministre de la Défense. Il rappellera que «les faits ont prouvé que la vision judicieuse et l’évaluation objective et rationnelle des causes de la crise que vit notre pays, constituent cette raison pondérée grâce à laquelle les choses ont trouvé leur équilibre et à travers laquelle le processus constitutionnel à suivre est devenu plus visible, en dépit des circonstances difficiles qu’a traversées notre pays».
Ahmed Gaïd Salah ne manquera pas de relever que «certaines parties ont cru pouvoir orienter les événements suivant leur vision, loin de l’opinion de la majorité écrasante du peuple algérien et en conformité avec leurs intérêts personnels étroits, même si cela devait se faire aux dépens de l’Algérie et au détriment de son intérêt suprême, mais elles ont été déçues et l’Algérie a poursuivi son chemin à la lumière de l’accompagnement permanent de l’ANP à ce processus délicat et sensible».
Pour Gaïd Salah, «la dernière phase de ce processus sensible, représentée par les élections présidentielles, est le fruit d’une vision éclairée et perspicace dont nous avons réussi, au sein de l’ANP, à en anticiper les événements avec clairvoyance et discernement». L’approche de l’ANP, soutenue par les forces vives de la Nation et appuyée par les Algériens qui soutiennent le principe d’un retour rapide à la légalité constitutionnelle, s’est révélée la plus juste. Cette stratégie est mue par la volonté de sauvegarde des institutions «comme étant la sauvegarde des piliers de l’Etat algérien et la préservation de sa dignité au niveau national et dans les instances internationales», a indiqué le vice-ministre de la Défense. «Il est certain que toutes ces réalisations que le gouvernement a pu concrétiser dans ces circonstances difficiles, voire parfois défavorables et hostiles, sont de réels acquis que seul un ingrat peut nier», a-t-il estimé. Ahmed Gaïd Salah en veut pour preuve, «la réussite des institutions de l’Etat à la lumière de l’accompagnement vigilant de l’institution militaire afin de parcourir toutes les phases». Et le chef d’état-major de l’ANP de noter «la prise en charge réussie de exigences d’exécution des examens de fin d’année scolaire, sans oublier la bonne gestion, voire la mise en place des conditions idoines et appropriées pour la rentrée sociale et scolaire de la nouvelle année scolaire 2019-2020».

Importantes prérogatives

La communication du vice-ministre de la Défense a donné le ton quant à l’importance d’organiser l’élection présidentielle dans les plus brefs délais. Pour ce faire, l’adoption des deux lois constitue un facteur déterminant dans le processus engagé avec l’entame de la mission de dialogue pilotée par l’Instance de Karim Younes. Les deux textes étudiés en Conseil des ministres a, ainsi approuvé la création de l’Autorité supérieure d’organisation des élections qui, note un communiqué de la présidence de l’Etat, sera appelée à intervenir sur tout le territoire national à travers des démembrements au niveau des wilayas, des communes et des circonscriptions électorales de notre communauté à l’étranger. Elle disposera d’un budget de fonctionnement propre et assurera l’élaboration et l’exécution du budget des élections, comme elle disposera d’une administration autonome dans son organisation, son fonctionnement et le statut de ses personnels.
Le même communiqué rapporte également que la composition humaine de l’Autorité nationale indépendante d’organisation des élections, permettra d’asseoir une autonomie totale à cette nouvelle institution et une parfaite indépendance, à travers le mode de sélection de ses membres, représentant la société civile, les corporations socioprofessionnelles, les magistrats et les auxiliaires de justice, qui repose sur l’élection par les pairs, comme règle générale.
L’on apprendra aussi que pour assurer le lancement du processus de création de cette instance indépendante, une personnalité nationale indépendante et consensuelle aura pour mission exclusive la mise en place de cette institution. Sa mission prendra fin dès l’achèvement du processus d’installation de l’Autorité.
L’autre projet de loi abordé par le Conseil des ministre a abordé celui du code électoral, notamment pour ce qui concerne les mesures visant l’allégement des conditions de participation aux élections présidentielles, notamment la suppression de la condition liée au parrainage d’un minimum de 600 élus, ainsi que la réduction du nombre de signatures individuelles d’électeurs à recueillir par le candidat à l’élection présidentielle, qui passe de 60.000 signatures à 50.000 signatures à travers au moins 25 wilayas tout en réduisant le nombre minimal de signatures exigées pour chacune des wilayas concernées de 1500 à 1200 signatures, note le communiqué. La nouveauté consiste aussi dans le fait que les candidats à l’élection présidentielle sont désormais tenus de présenter un diplôme universitaire.
Le projet de loi organique prévoit que le dépôt des dossiers de candidature pour l’élection présidentielle, s’effectue désormais auprès de l’Autorité indépendante des élections qui statue sur les candidatures avant de transmettre ses décisions au conseil constitutionnel pour validation finale de la liste des candidats.

Les convictions de Bensalah

Sur les deux textes, le Chef de l’Etat a apporté un éclairage et son commentaire. Mais avant, Bensalah a lancé un appel aux forces politiques, aux représentants de la société civile et aux personnalités nationales pour poursuivre le dialogue et les concertations, pour la mise en place de l’Autorité supérieure d’organisation des élections. Pour le chef de l’Etat, cette autorité permettra l’organisation, dans les délais convenus, de l’élection présidentielle, seule à même de permettre au pays de sortir de l’instabilité politique et institutionnelle et de déjouer les dangers du vide institutionnel.
M.Bensalah ne manquera pas de relever qu’avec ces deux textes, les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs de la scène nationale devront se mobiliser pour organiser l’élection présidentielle dans les délais requis, avec comme priorité absolue l’installation sans délai de l’Autorité nationale indépendante des élections, dès l’adoption des projets de lois organiques, conformément aux procédures constitutionnelles en vigueur.
Le Chef de l’Etat a exprimé sa conviction que ces deux projets de lois organiques, permettront d’entourer le prochain scrutin des garanties requises pour l’organisation dans les délais convenus, dans un climat empreint de sérénité et d’entente, une élection présidentielle incontestable, unique voie constitutionnelle et seule solution démocratique raisonnable pour permettre au pays de sortir de cette crise. «En adoptant les deux textes de loi, nous avons atteint une étape cruciale du processus politique qui, à son tour, aplanira la voie à l’organisation d’une élection présidentielle, remplissant les conditions de transparence
et de régularité, de manière à répondre à l’une des revendications essentielles du peuple algérien», a indiqué le Chef de l’Etat qui estime par ailleurs que «la conjoncture est favorable à la conjugaison des efforts, en prélude au rendez-vous du peuple avec une échéance nationale décisive, qui lui permettra d’élire un président remplissant les critères de compétence et de légitimité, indispensables à la réalisation de ses aspirations au changement, à la satisfaction de ses revendications légitimes, et à la concrétisation des réformes escomptées, qu’il n’a eues de cesse de revendiquer».
En fait, il y a lieu de noter que le Conseil des ministres d’avant-hier vient marquer la grande cohésion entre la présidence de l’Etat, l’ANP les forces vives de la Nation qui poursuivent le même objectif, celui de permettre aux Algériens d’élire un président de la République dans les meilleurs délais et dans la transparence et la sérénité.
Nadera Belkacemi