vendredi , 6 décembre 2019

L’art de «gagner du temps»…

Sur la place Vassas, au cœur de la commune d’Aïn El-Turck, l’anarchie qui règne dans le secteur du transport public et la maintenance urbaine, reste indigne des ambitions et du potentiel touristique de cette commune côtière. Une commune livrée, depuis des années, au seul règne des improvisations et de la prédation foncière. Selon un confrère de la presse locale, cette situation de déliquescence, sans cesse décriée par les citoyens et usagers, a franchi les limites du chaos et de l’absurdité, en ce début de saison estivale. Les contraintes et désagréments, ne peuvent que nourrir la consternation et la colère des usagers. Beaucoup de citoyens, devant se déplacer d’une agglomération à une autre, surtout de Ain El Turck vers Oran pour rejoindre leur lieu de travail, prennent leur mal en patience chaque matin, face à la cohue qui règne à la place Vassas, point de stationnement des transporteurs assurant la navette entre Aïn El Turck et Oran. Et le même constat est déploré par les usagers devant se rendre à Bousfer Village, à El Qaria ou ailleurs. Quant aux taxieurs, autorisés ou clandestins, absorbés dans le désordre qui s’étale en toute impunité, leur organisation et mode de fonctionnement, ne fait qu’accentuer le triste décor urbain. Il y a pourtant trois ans de cela, les responsables locaux avaient annoncé la réalisation d’une gare routière devant permettre de mettre fin au calvaire des usagers. Ce projet, d’un montant estimé à 15 milliards de centimes, devait être réalisé sur une superficie d’un hectare, à la sortie du quartier de Bensmir dans la municipalité d’Aïn El Turck. Mais il semble, qu’il aurait été reporté, voire annulé, laissant la commune de Ain El Turck, toujours plongée dans l’anarchie qui règne en matière de transport public. Une situation qui s’aggrave on le sait, d’année en année, en raison de la croissance démographique du rush estival et de l’afflux permanent de nouvelles familles et nouveaux arrivants, attirés par cette Corniche oranaise et ses multiples réputations. De leur côté, bon nombre de gestionnaires locaux, notamment parmi les élus, plutôt rivés sur leurs seules «préoccupations» personnelles, restent indifférents aux carences et aux dysfonctionnements, marquant l’arène urbaine locale. Rares, très rares, sont les acteurs politiques ou sociaux qui, au delà des discours, s’impliquent réellement dans l’action et l’engagement, pour construire l’avenir de la collectivité locale que l’ont souhaite aux futures générations. Un avenir qui repose sur une véritable stratégie à long terme, de développement et sur une remise à niveau des mentalités et des pratiques de gestion… Malheureusement, les contraintes et les entraves ne peuvent être levées par la magie du verbe, ou des discours des responsables, qui multiplient, on le sait, les avertissements, les sermons et les mises en garde à l’encontre des gestionnaires défaillants. Les adeptes du laxisme, des tricheries et de l’hypocrisie, qui gangrènent l’environnement, savent bien, que dans le meilleur des cas, un Wali en poste, ne dure que quatre à cinq ans. Il leur suffit alors de «gagner du temps»…

Par S.Benali