jeudi , 17 août 2017

Benyamina Brahim Boudali, ancien batteur du groupe ADAM’S :
L’artiste qui a côtoyé Hervé Villard

Qui parmi les soixante-huitards d’Oran n’a pas dansé et vibré sur les reprises du légendaire groupe «Adam’s», un groupe de jeunes loups oranais. Des lycéens, tous novices mais pleins de bons sentiments et de joie surtout. Le défunt Benyamina Brahim Boudali, qui vient de nous quitter à l’âge de 67 ans, est décédé dans sa ville d’adoption Nîmes (France), après avoir quitté Oran en 1972, la ville qui l’a vu naître. Il était le batteur attitré du groupe Adam’s.
Lui c’était le playboy du band, un charmeur, mais affable et courtois et surtout un bon rieur. C’était aussi un artiste accompli, maitrisant parfaitement son instrument et son répertoire. Kader le chinois, son ami intime d’alors, qui a partagé un bout de sa jeunesse avec lui, parle d’un homme généreux, musicalement et humainement. Beaucoup d’anecdotes jalonnent leur parcours. Benyamina Brahim Boudali, a été fondateur du groupe des Adam’s à partir des années 63 aux côtés de (Lahouari Fadala Soliste), (Larbi Belarbi, saxophone), (Sid Ahmed, bassiste) et (Naoui, chant et guitare), et bien sur de son père Benyamina Djelloul à la guitare et l’accompagnement. Le groupe était porté sur la musique rock et les ballades françaises, américaines et anglaises. Les Adam’s se produisaient au Crazy Club de Cap Falcon, jusqu’en 1967, date à laquelle le groupe se sépara. Mais ce n’était que partie remise, puisque Benyamina, virtuose de la batterie, rejoindra aussitôt le nouveau groupe des STUDENT’S, un nouveau groupe d’étudiants, qui fit également sensation en son temps, notamment dans les enceintes universitaires. En compagnie de ses nouveaux coéquipiers, (Hachemi Bensmain, soliste), (Mohamed B., accompagnement), ( Djamel, à la Basse) et (naoui, au chant et la guitare), Benyamina brahim fera le bonheur des oranais, avec leur rythmiques endiablées et leurs reprises de grandes stars de la musique mondiale de l’époque. Le nom des Student’s dépassera même les frontières. Les célèbres discothèques de l’époque de la corniche oranaise «Le tangage», «la kheïma», produisaient les Student’s, où accourait la jeunesse branchée d’Oran et d’ailleurs.
1972- destination Nîmes
En 1972, Benyamina Brahim, quittera définitivement l’Algérie pour la France, où il s’installera à Nîmes jusqu’à la fin de ses jours. Quelques rares visites à sa ville natale, Oran, entrecoupent sa vie française, mais c’était un réel plaisir que ce retour au bercail, parmi les siens et ses amis. Benyamina, aimait relater les anciens souvenirs qui ont fait sa jeunesse oranaise, rire des anecdotes, comme celle concernant Johnny Hallyday. Brahim raconta un jour, que le chanteur français qui donnait un récital rock, en 67, s’était fait voler sa guitare de marque Funder. La rumeur fut que l’instrument a été revendu au groupe des Student’s. Bien sur, les membres des Student’s étaient de bons garçons, des gens de famille, ils n’auraient jamais osé faire pareille chose, quoiqu’avoir une guitare Funder à l’époque, c’était un cadeau du ciel et un prestige surtout. Il s’est avéré finalement que Johnny avait juste oublié sa guitare parmi ses bagages, qui lui a été restituée par la suite. L’annonce du décès de Benyamina Brahim, a beaucoup peiné ses amis, qui revisitent autant qu’ils le peuvent sa mémoire. Ils gardent l’image d’un ami, d’abord, puis de l’artiste ensuite. Celui qui a côtoyé en cette époque le chanteur français Hervé Villard, l’acteur comique français Fernand Raynaud, et bien d’autres artistes français et étrangers, dont Charles Aznavour, qui se produisaient alors à Oran vers les années 65/66. Paix éternelle à toi l’artiste.
Karim Bennacef

Un commentaire

  1. J ai connu boudali et je suis très affligé par cette nouvelle car j ai été bassiste à ses côtés à partir de l année 1970 et je peux raconter pendant des jours et des jours je peux dire que j ai perdu un être tres cher que dieu tout puissant lui ouvre les portes du paradis tout comme hachemi qui a été un frère pour moi et que je ne les oublierai jamais