jeudi , 21 novembre 2019

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L’autre enseignement à retenir

Ainsi, ils seront cinq (en attendant l’avis du Conseil constitutionnel) à postuler à la magistrature suprême. Ils seront cinq à se plier à la loi des urnes et à se mesurer à l’aune du choix populaire dans l’une des élections que l’on annonce la plus propre, la plus honnête et la plus transparente de l’histoire de l’Algérie indépendante.
Ils étaient au début plus de 140 postulants, mais le tamis de l’Anie a été, sans concession, et a éliminé logiquement la plus grande partie pour ne laisser que ceux qui avaient vraiment satisfait aux conditions d’éligibilité et en premier desquelles viennent les fameuses 50000 signatures qui ne devaient souffrir d’aucune fioriture.
Les candidats sérieux sont aujourd’hui connus. Et à voir les cinq noms, ils sont bien loin d’être des anonymes. Quatre d’entre eux ont déjà eu à exercer de hautes fonctions de l’Etat, alors que le cinquième, Abdelaziz Belaid, a prouvé dans les dernières élections présidentielles qu’il avait sa place sur l’échiquier politique et que son score méritait le respect.
On est donc bien loin de novices qui découvrent les grandes manœuvres politiques que nécessite ce genre de course vers la plus haute fonction de l’Etat algérien. La course s’annonce, à n’en pas douter, très disputée et surtout loin d’être facile pour chacun des prétendants. Car, et contrairement à ce que l’on a eu comme habitude de vivre depuis prés de 20 ans, les jeux sont loin d’être faits. Le candidat tout désigné n’existe plus aujourd’hui et chacun se doit de convaincre et de prouver qu’il est le meilleur pour le job.
C’est un peu comme si on devait tout reprendre de zéro, car désormais la fable de « l’homme providentiel » n’a plus recette et ne convainc personne.
Il reste, peut être, un point sur lequel il faut insister longuement, puisque c’est la première fois depuis l’indépendance du pays, que l’ex-parti unique le FLN est hors jeu dans cette course à la présidentielle. Une première que l’on croyait impossible, tellement la main mise de ce parti sur la vie politique du pays a été sans partage depuis 1962.
Voir aujourd’hui une élection se jouer sans la présence d’aucun candidat déclaré de ce parti est une première qu’on n’aurait jamais pu connaître s’il n’y avait pas un certain 22 février et une mobilisation sans faille de la population algérienne. C’et peut être là, avec la démission de l’ancien président et l’annulation du 5eme mandat, l’autre grande victoire du hirak, qui a changé bien des choses dans notre pays.

Par Abdelmadjid Blidi