samedi , 4 avril 2020

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L’aveu de Macron

Le président français Emmanuel Macron, s’est exprimé hier, dans un quotidien français sur le mal français en Algérie. L’entretien de presse est passé presque inaperçu en Algérie comme en France, mais cela n’enlève rien à sa pertinence. A bien lire les déclarations de Macron, on comprend que l’homme est toujours sur sa ligne du temps où il était encore candidat au poste qu’il occupe depuis mai 2017. Il avait déclaré à Alger, que la colonisation était un crime contre l’humanité, il a affirmé avant-hier, dans l’entretien qu’il a accordé au journal Le Figaro, que la guerre d’Algérie était un profond traumatisme de l’Etat français et compte aller jusqu’au bout de sa logique, comme l’avait fait Jaques Chirac en reconnaissant les crimes de l’Etat français contre les Juifs, jadis persécutés par l’Allemagne nazie.
Le volontarisme du président français est tel que l’on peut se surprendre à poser la question de savoir si les Algériens et Français écriront enfin une nouvelle page de leur histoire commune. Plus de 57 ans après l’Indépendance, ce genre de propos ouvre certainement des perspectives intéressantes, mais faut-il encore les accompagner par des actes sérieux, comme l’ouverture de toutes les archives liées à la guerre de Libération nationale, encore sous scellé dans les tiroirs des ministres de l’Intérieur et de la Défense français.
Il faut savoir que la totalité des présidents de la cinquième République française ont visité l’Algérie indépendante. Chacun a tenté d’avoir les mots qu’il faut pour la circonstance, mais aucun n’a réussi à sortir de sa coquille franco-française pour reconnaître un fait historique, en principe incontournable. Pourtant, à aucun moment, l’Algérie n’a donné l’impression de vouloir humilier les dirigeants français actuels.
Emmanuel Macron qui ne cache pas ses intentions de donner une autre dimension aux relations algéro-françaises, tant au plan de l’Histoire que celui de l’économie, ne veut pas les confiner à de simples transactions commerciales. Cela suppose donc, que le président français ne vendra ni n’achètera des marchandises. Il est censé retourner en Algérie avec un vrai projet de partenariat, histoire de construire un avenir commun, débarrassé des fantômes du passé. C’est là le vœu assumé de Macron. C’est donc tant mieux pour les deux sociétés qui voudraient se voir autrement que comme de simples commerçants pour les uns et des clients pour les autres.
Par Nabil.G