jeudi , 12 décembre 2019

Laxisme, incompétence, et… prédation

A Oran, après chaque changement de responsable local, les observateurs constatent, sans trop d’étonnement, les «revirements» et les changements de discours de bon nombre d’acteurs inscrits au seul registre des éloges et des allégeances au plus fort du moment… Avant même de connaître les détails de la démarche, de la stratégie et des engagements du nouveau Wali nommé à Oran, certains acteurs se lancent déjà dans des envolées lyriques à la gloire du décideur local et au triomphe annoncé des prochaines actions programmées au chevet de la cité oranaise en perpétuelle attente «de maintenance et de réparations».
Du cadre urbain ruralisé et clochardisé à travers les quartiers et les grandes cités d’habitat, aux déficits en équipements, en passant par les retards de finition de grands projets structurants, le dossier du logement, le vieux bâti, le foncier, l’investissement, ou encore l’embellissement urbain et la préparation des J.M 2021, beaucoup reste encore à faire ou à lancer pour être à la hauteur des défis et des ambitions.
Face à toutes ces préoccupations populaires, certains anciens wali avaient opté pour le discours démagogique, parfois même le mensonge, en avançant abusivement des montants faramineux devant être consacrés à l’avenir urbain de la région oranaise, en décrivant des projets mirobolants, et en annonçant en vain, des mesures draconiennes devant éradiquer les tares et les fléaux qui gangrènent la gestion des affaires locales et le cadre de vie collectif à travers les Communes de la Wilaya.
Avec le temps, une rapide analyse des résultats permet de se rendre compte que très peu de choses ont changé en matière de prise en charge des dossiers de développement et des attentes sociales. Même si personne ne peut nier les efforts et les grands crédits dégagés par l’Etat pour améliorer quelque peu l’avenir urbain de la cité oranaise, on ne peut que déplorer le fléau des retards et des médiocres improvisations qui pénalisent la Ville et la Wilaya depuis trop longtemps. Un fléau, inscrit dans une «fatalité» devenue légendaire, et qui ne saurait être éradiqué sans une véritable rupture avec tout un système de gestion locale gangrené par le laxisme, l’incompétence, et la… prédation.

Par S.Benali