mardi , 23 juillet 2019
<span style='text-decoration: underline;'>L’intersyndicale de l’Education l’a décidé</span>:<br><span style='color:red;'>Le 21 janvier: journée de protestation dans l’Education nationale</span>
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L’intersyndicale de l’Education l’a décidé:
Le 21 janvier: journée de protestation dans l’Education nationale

En cas de réussite du mouvement de protestation, ce qui est fort probable compte tenu du succès de ce genre d’action syndicale, le risque d’une autre année scolaire très perturbée est de mise. Cette perspective est d’autant plus plausible que les revendications des syndicats manquent de précision, se contentant de généralités sur le pouvoir d’achat et les libertés syndicales.

A l’issue d’une réunion organisée hier, les six syndicats autonomes de l’intersyndicale de l’Education, ont appelé à une journée de grève pour le lundi 21 janvier. Les organisations syndicales ne veulent pas se satisfaire du débrayage et invitent les travailleurs du secteur de l’Education nationale à des rassemblements de protestation devant les Directions de l’Éducation des wilayas. «Nous avons choisi d’appeler à une journée de grève comme un avertissement au ministère», soutient un membre de l’intersyndicale, comme pour se dédouaner auprès de l’opinion nationale qui n’apprécie pas le comportement radical des syndicats. Cette journée de protestation est une sorte de signal adressé aux parents d’élèves, histoire de leur dire que la balle est dans le camp du ministère. S’il y a une gradation dans le conflit naissant, ce serait de la responsabilité exclusive du ministère de l’Education nationale. C’est la version préparée par les six syndicats qui feignent d’ignorer les appels aux dialogues, lancés très récemment par la ministre du secteur, Nouria Benghabrit.
Composé de six syndicats, que sont le Conseil national des enseignants du secondaire et du technique (Cnapest), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapeste), l’Union nationale des personnels de l’Education et de la formation (Unpef), le Syndicat autonome des travailleurs de l’Education et de la formation (Satef), le Conseils des enseignants des lycées d’Algérie (Cela) et le Syndicat national des travailleurs de l’Education (SNTE), l’intersyndicale entend faire du 21 janvier prochain, une démonstration de force de leur capacité de rassembler les enseignants. L’objectif premier de cette action, est bien entendu de jouer les «gros bras» dans la perspective d’un bras de fer avec l’administration de l’Education nationale. Mais plus que le seul but strictement syndical, la protestation annoncée hier, comme celles qui vont sans doute suivre, illustre la volonté de monter en puissance dans une conjoncture quelque peu difficile, avec la crise financière et la proximité de l’élection présidentielle.
Il reste qu’en cas de réussite du mouvement de protestation, ce qui est fort probable compte tenu du succès de ce genre d’action syndicale, le risque d’une autre année scolaire très perturbée est de mise. Cette perspective est d’autant plus plausible que les revendications des syndicats manquent de précision, se contentant de généralités sur le pouvoir d’achat et les libertés syndicales. En fait, il y a dans l’appel au débrayage, une réponse à la ministre de l’Education nationale qui s’est positionnée en faveur d’un dialogue permanent avec les partenaires sociaux.
Il faut dire que le défi sera quasiment-insurmontable pour une ministre qui a réussi, tant bien que mal, à faire passer la réforme dans un contexte assez difficile, tout point de vue. Ainsi, pour sa cinquième et dernière année à la tête du secteur, Nouria Benghabrit a réussi pas mal de choses, sauf domestiquer des syndicats, toujours prompts à entrer en grève, hypothéquant toute chance de voir l’école algérienne faire le bond qualitatif tant souhaité par les Algériens, depuis l’entrée en vigueur de la réforme, il y a de cela près de 20 ans.
Alger: Smaïl Daoudi