mercredi , 18 juillet 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Plus de 700.000 candidats, 600.000 encadreurs, 18.000 policiers….</span>:<br><span style='color:red;'>Le Baccalauréat débutera demain !</span>
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Plus de 700.000 candidats, 600.000 encadreurs, 18.000 policiers….:
Le Baccalauréat débutera demain !

Le Bac est pris très au sérieux par les pouvoirs publics qui veulent en faire une épreuve sans tâche, voir la vitrine du système éducatif national. Cette attitude s’accorde parfaitement avec la société qui accorde une importance particulière au Bac, jusqu’à en faire l’un des marqueurs d’une Algérie ouverte sur le monde.

Plus de 700.000 candidats sont à 24 heures de l’examen qui déterminera leur avenir immédiat. Beaucoup parmi eux, ont déjà «expérimenté» cette première épreuve dans leur nouvelle vie d’adulte. Quant à ceux pour qui, c’est la première fois, on peut aisément imaginer le stress, mais également la charge émotionnelle et l’espoir de décrocher un statut, l’un des plus enviés parmi la jeunesse algérienne. Le baccalauréat marque une vie. Tous les adultes qui l’on passé, s’en souviendront toujours. C’est pour dire toute l’importance qu’accorde la société à cet examen qui ne laisse quasiment-personne indifférent. A la grande polémique suscitée par les grandes fuites de 2016, a succédé celle de 2017 où des centaines de candidats ont été exclus pour cause de retard et plus près de nous, il y a eu la polémique sur le report de la date des examens, après une grève dure qui a sanctionné les lycéens de Bejaïa et Blida. Dans ces trois années successives, le baccalauréat a toujours été au centre d’un débat national. Mais aussi en raison de luttes idéologiques, il a été utilisé comme une arme redoutable pour discréditer la réforme de l’école. Ceci expliquant cela, on comprend parfaitement la «débauche» de moyens déployés par le gouvernement pour assurer un déroulement sans entrave de cet important examen. Les chiffres du ministère de l’Education sont en effet très parlants: Le nombre global de candidats aux épreuves du Baccalauréat, s’élève à 709.448 candidats. 600.000 encadreurs mobilisés pour les trois examens nationaux, répartis entre personnel administratif, enseignants et professionnels à travers 18500 centres. A cela, il faut ajouter les 18.000 policiers chargés de la sécurité, en sus des gendarmes. On retiendra également, que les copies des épreuves destinées au grand sud du pays, seront transportées dans des avions militaires.
Cela, pour les moyens humains. S’agissant des mesures prises par le département de Benghabrit pour garantir l’absence de toute fraude, il a été décidé de couper purement et simplement l’accès à Internet pendant une heure au début de chaque épreuve. Au plan juridique, toute tentative de fraude sera sanctionnée par 3 ans d’exclusion pour les candidats scolarisés et 5 ans pour les candidats libres. Le ministère de l’Education a poussé plus loin ses mesures de sécurité, jusqu’à interdire des visites officielles aux centres d’examen pour superviser l’ouverture des enveloppes contenant les sujets des épreuves pour ne pas déstabiliser les candidats et sécuriser les épreuves. L’objectif de cette batterie de mesures, est d’éviter la réédition du scénario de 2017 où certains sujets ont été diffusés après 15 minutes du début des examens.
C’est dire que le Bac est pris très au sérieux par les pouvoirs publics qui veulent en faire une épreuve sans tâche, voir la vitrine du système éducatif national. Cette attitude s’accorde parfaitement avec la société qui accorde une importance particulière au Bac, jusqu’à en faire l’un des marqueurs d’une Algérie ouverte sur le monde.
Il faut dire que cet attachement quasi-viscéral à cet examen, annonce un débat chaud sur la réforme du baccalauréat que le ministère de l’Education compte introduire sous peu. Et pour cause, Mme Benghabrit, a révélé hier, que le débat sur le dossier de la réforme du baccalauréat «se poursuit toujours». Elle a défendu le principe de la réduction du nombre de jours des épreuves du baccalauréat, mais estimé que cela «nécessite de prendre en compte l’évaluation continue de l’élève à partir de la deuxième année secondaire en accordant la priorité aux épreuves écrites de l’examen du baccalauréat pour éviter de gonfler les notes de l’élève lors de l’évaluation continue».
Tout un chantier susceptible de revoir l’importance de l’examen tel qu’il se déroule en Algérie depuis l’indépendance. Les acteurs de l’Education nationale, de même que les parents d’élèves et les lycéens eux-mêmes, voudront certainement avoir leur mot à dire, ce qui promet un débat houleux, avec ce que cela suppose, comme charge idéologique.
Alger: Smaïl Daoudi