mercredi , 11 décembre 2019

Le chemin perdu du progrès et de la modernité

Lors de la dernière session de l’APW, le wali d’Oran avait pris l’initiative de convoquer devant l’assemblée en cours, neufs directeurs d’établissements de Santé, EPSP, concernés par les dysfonctionnements et les anomalies constatées et évoquées dans le rapport de la commission santé de l’APW. Le chef de l’exécutif a jugé nécessaire et utile de projeter, devant les premiers responsables concernés, le diaporama de photos «accablantes» réalisé par les élus de l’APW. Des photos prises ici et là à travers les structures de santé, qui prouvent, s’il le fallait encore, le lamentable état des lieux d’un secteur toujours en panne de rigueur et de fiabilité. Bon nombre d’observateurs de la scène locale, ont alors estimé que ce genre de confrontation des gestionnaires d’établissements de Santé avec les images reflétant une triste réalité au sein de leur structure, risque de faire l’impasse sur la responsabilité collective de tous les décideurs en charge du secteur et ayant signé l’échec global de la politique de santé. Une politique truffée d’insuffisances, d’incohérences et de piètres tâtonnements ne répondant à aucune logique élémentaire de gestion et de prise en charge des malades et des maladies. Secteur qui a enregistré le plus grand nombre de rotations de Ministres nommés à sa tête, la santé reste à ce jour au cœur des angoisses, des désespérances et des colères exprimées par une majorité de citoyens modestes, sans revenus conséquents permettant un recours aux structures de santé privées, ici ou à l’étranger. Au-delà des conditions aléatoires d’entretien et de maintenance de infrastructure de proximité, au-delà des pratiques révoltantes de gestion de l’accueil et de la prise en charge des malades, au-delà des pannes d’appareils et des pénuries de produits et de consommables chirurgicaux souvent volés, détournés et revendus, au-delà des déficits de compétence et d’intégrité décelés ici et là, c’est bien toute la chaîne de gestion et de fonctionnement du système de santé qui semble grippée, coincée, voire brisée par le culte de la nonchalance et le règne de «l’à peu près…». Que faut-il faire après avoir montré aux directeurs des EPSP les images désastreuses illustrant le pitoyable état de leurs infrastructures sanitaires ? Les réprimander ou les remplacer ? Et après ? Il ne faut pas oublier que le vieil hôpital d’Oran, le CHU historique de la ville, a connu en moins de trente ans plus d’une vingtaine de directeurs successifs, dont des gestionnaires issus de l’ENA, des cadres reconnus et même d’éminents professeurs de médecine. Mais il n’a toujours pas réussi à assainir sa gestion et à prendre le chemin du progrès et de la modernité.

Par S.Benali