dimanche , 17 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Entre révolution pacifique, dialogue politique et Coupe d’Afrique </span>:<br><span style='color:red;'>Le cœur des Algériens balance</span>
© D.R

Entre révolution pacifique, dialogue politique et Coupe d’Afrique :
Le cœur des Algériens balance

Cette double espérance est à portée de main, sauf que le temps sportif et le temps politique ne s’accordent pas du tout. En effet, alors que le délai de la joie footballistique est fixé et connu de tous, à savoir le 19 juillet prochain, l’enclenchement du dialogue tant attendu par les Algériens pour sortir de la crise institutionnelle reste encore indéfini.

Trois grands événements se croisent ces derniers jours pour faire de la rue algérienne, un véritable «laboratoire» politique et sociétal. C’est en effet, la première fois de son histoire que le pays se retrouve à la croisée de trois grands défis, susceptible de lui ouvrir les portes de l’espérance ou bien celles de la déprime. Cette «mixture» inédite et dont les Algériens sont très conscients repose sur tellement d’acteurs avec des objectifs parfois contradictoires et de facteurs hors de contrôle que les vœux deviennent un élément d’appréciation politique et social. Et pour cause, les Algériens, dans leur ensemble, et quelque soient leurs obédiences politico-idéologiques caressent tous le rêve d’une victoire de l’Algérie aujourd’hui en demi-finale et vendredi prochain en finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Un défi qui dépend des poulains de Djamel Belmadi qui devront damner le pion à l’équipe du Nigeria, avant d’affronter à l’étape ultime du Tournoi africain une autre grosse sélection. Les Algériens qui n’y croyaient pas tellement, lorsqu’au début d’après-midi d’un 22 févier 2019, ils avaient investi la rue par dizaines de millions pour réclamer une nouvelle République, en sont arrivés, ces dernières semaines, à raviver la flamme de leur amour pour leur Equipe nationale de football. On pensait la chose politique plus forte que tout, mais force est de constater qu’il est tout de même resté une grande place dans les cœurs des Algériens pour leurs Fennecs. Cette ferveur renouvelée pour les Verts n’a pas éteint, pour autant la force de l’engagement politique de la société. Et pour cause, au fil des vendredis et des victoires de l’Equipe nationale, les observateurs ont déduit que la joie et la détermination ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Il semble même que l’un alimente l’autre et la «mixture» a produit un formidable sentiment qui est l’espérance. Les Algériens croient en leur victoire sur le système pour améliorer l’état de leur Démocratie et de leur pays. Ils croient également en l’autre victoire, celle des Verts et vivent dans l’espoir d’un immense défilé dans la Capitale, en l’honneur des «combattants».
Cette double espérance est à portée de main, sauf que le temps sportif et le temps politique ne s’accordent pas du tout. En effet, alors que le délai de la joie footballistique est fixe et connu de tous, à savoir le 19 juillet prochain, l’enclenchement du dialogue tant attendu par les Algériens pour sortir de la crise institutionnelle reste encore indéfini. Aux dernières déclarations des politiques, il semble que les dernières retouches prennent plus de temps et déborderont certainement sur la date de la fin de la Coupe d’Afrique. A moins qu’un miracle vienne hâter les évènements. La libération des détenus et la promesse de changement de gouvernement, en sus d’une annonce d’un groupe de personnalités crédibles pour gérer la phase actuelle jusqu’à la prochaine présidentielle, sont autant d’événements majeurs susceptibles de se produire en 36 ou 48 heures. Bien que pareil scénario paraisse difficile à concrétiser dans le très court terme, l’espoir demeure permis. Les Algériens auront admirablement bouclé une période historique pour leur pays au double plan politique et footballistique. Et lorsqu’on sait l’attachement des Algériens à ce sport et le rôle qu’il a joué dans l’éveil de la conscience nationale et durant la lutte de Libération nationale, on ne peut qu’espérer une fin aussi heureuse pour le peuple algérien. Il le mérite amplement.
Anissa Mesdouf