dimanche , 26 janvier 2020

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Le courage d’oser

L’Instance nationale de dialogue et de médiation, ou le panel pour faire court, veut ratisser large. Ainsi, après son invitation lancée aux 23 personnalités à rejoindre le groupe initial des six, il s’est dit ouvert à accueillir d’autres personnalités « les portes (de l’instance) demeurent ouvertes à toutes les personnalités nationales, y compris celles de la Communauté nationale établies à l’étranger». Le groupe présidé par Karim Younes veut donner des gages de sa sincérité et surtout de son seul souci de ne travailler que pour l’intérêt du pays, bien loin des accusations et des préjugés que l’on émette à son égard.
Il faut dire que la tâche de ce panel est loin d’être une sinécure. Car d’abord, il doit convaincre le pouvoir de répondre favorablement à ses préalables qui ne sont en fait que les revendications du hirak, mais il doit aussi et surtout convaincre la rue et dépasser les pièges des snipers de la Toile qui tirent sur tout ce qui bouge et qui surtout discréditent toute bonne volonté qui travaille à trouver une solution à la crise que traverse le pays.
On assiste déjà à une campagne savamment orchestrée pour nuire à l’image des deux principales figures de ce panel, à savoir, son président Karim Younes, mais aussi l’économiste Smail Lalmas. Le but de la manœuvre est clair. Faire capoter cette autre initiative de sortie de crise à travers la discréditation des membres de l’instance et laisser les choses en jachère jusqu’à pousser, pour reprendre les termes de l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, les menaces actuelles qui « n’ont pas disparu pour autant et sont toujours en gestation. Il revient à ceux qui sont aux commandes d’agir, de répondre au +Hirak+ et de mobiliser le pays pour lui éviter les pièges d’un chaos ».
Voilà le mot est dit, et le chaos ou ses pièges sont bien là et continuent de menacer la stabilité et la paix du pays. Et il y a manifestement des gens qui travaillent en ce sens et qui peuvent se couvrir de différents draps démocratiques, modernistes et qu’en sais-je encore. Il reste maintenant à savoir quel est le degré de résistance des membres du panel, car rien ne leur sera épargné et ils continueront à être la cible de plusieurs campagnes de dénigrement et de fake news pour les pousser à jeter le tablier et faire avorter cette autre initiative de sortie de crise. Mais au fond, ces personnes savaient le jour où ils ont eu le courage d’accepter cette mission que la partie ne sera pas facile et que la patrie et le moment très délicat que traverse l’Algérie exigent de lourds sacrifices qui dépassent de loin leur personne, car cette situation engage l’avenir de tout un peuple et tout un pays.
Dans la lettre publiée, hier, par Karim Younes sur sa page facebook, il y a certainement plusieurs choses à méditer et plusieurs enseignements à retenir.

Par Abdelmadjid Blidi