vendredi , 20 septembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Avec l’utilisation permanente des nouvelles technologies de communication </span>:<br><span style='color:red;'>Le cyber-harcèlement vire vers le crime numérique</span>
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Avec l’utilisation permanente des nouvelles technologies de communication :
Le cyber-harcèlement vire vers le crime numérique

Enfants et adultes, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, aucun n’est pas épargné par cette transformation numérique que connaît le monde.

L’on se croit dans un monde parfait, plein d’image aux couleurs chatoyantes alors que tout le contraire se produit: le cyber-harcèlement fait tout simplement rage. Avec l’utilisation permanente des nouvelles technologies de communication (téléphones, réseaux sociaux numériques), le harcèlement entre hommes et femmes se poursuit un peu partout, dans la rue, en dehors de l’enceinte des établissements scolaires, dans des lieux de travail etc. Un tel fait agace sérieusement les chercheurs spécialisés dans les relations et valeurs sociales liant les membres de la société. Très souvent, l’on parle alors des cas du cyber-harcèlement. Le cyber-harcèlement doit être assimilé dans la politique de prévention et de lutte contre le harcèlement partout.
Localement, l’on encore daigner bouger le petit doigt ne serait-ce que dans le cadre de la prévention et contre le cyber-harcèlement alors que ce phénomène-ci, identifié, est connu de tout le monde. «Je n’aime pas qu’on me prenne en photo ni qu’on partage mes photos sur Facebook», dira un jeune homme ajoutant que «cela entre dans le cadre de la nécessité du respecter ma vie privée». Il explique que «la diffusion des photos et videurs tout en définissant cela comme cyber-harcèlement. Tout comme il le définit comme «un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule».
D’ailleurs, a-t-il ajouté, »nous ne sommes pas dans un monde parfait. Plus d’un vicieux use et abuse en copiant nos photos pour les exploiter à mauvais escient». Et ce n’est pas tout. Le cyber-harcèlement se pratique via les téléphones portables, messageries instantanées, forums, chats, jeux en ligne, courriers électroniques, réseaux sociaux, site de partage de photographies etc. Il peut prendre plusieurs formes telles que les intimidations, insultes, moqueries ou menaces en ligne, la propagation de rumeurs, le piratage de comptes et l’usurpation d’identité digitale, la création d’un sujet de discussion, d’un groupe ou d’une page sur un réseau social à l’encontre d’un camarade de classe, la publication d’une photo ou d’une vidéo de la victime en mauvaise posture.
Des images produites par les jeunes qui représentent d’autres jeunes et qui pourraient être utilisées dans le cadre de la pornographie infantile. Ce harcèlement et ce cyber-harcèlement ne sont pas sans conséquences tant impactant la vie sociale. Le cyber-harcèlement est avant tout du harcèlement. Les conséquences pour la victime et l’impact sur le climat scolaire ou encore dans le cadre de sa vie routinière, sont aussi importants que dans une situation de harcèlement classique. Le cyber-harcèlement se distingue du harcèlement physique à plusieurs niveaux à commencer par la diffusion massive et instantanée des messages, peut toucher un très large public, il est très difficile d’en reprendre le contrôle.
Avec le cyber-harcèlement, le harcèlement, subi, se prolonge au domicile, sans répit aussi bien pour l’enfant que pour toute la famille ou encore tout le quartier. Plus aucun espace de sa vie n’est protégé. Le harceleur peut rester anonyme en agissant via un pseudo, et ne jamais se dévoiler, ce qui peut augmenter l’angoisse de la victime. D’autant que les contenus diffusés, peuvent demeurer en ligne, même si le harcèlement cesse, d’où des conséquences graves «La cyber violence et le cyber-harcèlement, ont des conséquences graves sur le bien-être et la santé mentale des victimes mais aussi des agresseurs et des témoins», dira un psychiatre ajoutant que «il existe un consensus général selon lequel ces conséquences seraient plus importantes que celles du harcèlement traditionnel en raison des caractéristiques particulières de ce type de violence (anonymat, pouvoir de dissémination et public élargi etc.». L’on voit très souvent des différences de cyber violence. Les jeunes sont plus affectés par des abus au moyen du téléphone portable ou par la diffusion indésirable de photographies/vidéo clips de la victime que par des courriels désagréables ou des agressions dans des réseaux sociaux.
Contrairement à la violence ordinaire, face à l’écran, les victimes sont très souvent seules et ne peuvent pas être aidées par leurs camarades, d’où des violences cumulées. Les victimes de cyber-harcèlement sont souvent également victimes dans leur milieu. Pour les agresseurs, internet offre une cour de récréation virtuelle dans laquelle ils peuvent poursuivre leurs actions. Avec le cyber-harcèlement, le harcèlement se prolonge donc au domicile, et sans répit.
Aucun espace de vie n’est donc protégé. Plus que jamais, les adultes sont responsables. «Tous les adultes doivent agir ensemble pour prévenir et combattre le cyber-harcèlement. Ils ont responsabilité en termes de prévention mais aussi d’aide en cas de difficulté», a expliqué le psychiatre responsabilisant également le personnel éducatif devant jouer un rôle fondamental à jouer dans la transmission des valeurs liées à un usage responsable d’internet, et s’engage donc à informer les élèves sur l’importance de parler des problèmes rencontrés avec les adultes de l’établissement et de venir en aide aux victimes, les risques liés à l’utilisation des nouveaux médias, la protection de leurs données personnelles et de leur vie privée, le respect de la vie privée et du droit à l’image de leurs camarades. Les parents, eux, sont appelés, explique le spécialiste, à plus de compétences en maîtrisant la technique et l’outil informatique tout en fixant la règle à observer par leurs enfants se tenant face à leurs écrans pendant de longues heures. Les principes de précaution obligent tant que le monde numérique se transforme de plus en plus rapidement, d’où le risque de déliquescence et la décrépitude sociale.
Nul n’est donc à l’abri. Il suffit d’un gadget à haute définition pour que tout le monde se transforme en paparazzi. Très souvent, les vidéos ou encore les photos diffusées, deviennent problématiques, sujets des contentieux nécessitant l’arbitrage des justiciers en plus des dossiers gravissimes auxquels font face les enquêteurs.
Le cas édifiant, est celui traité récemment par la  Brigade de lutte contre la cybercriminalité relevant de la police judiciaire de la sûreté de wilaya d’El Tarf ayant pu localiser et arrêter l’auteur présumé des faux communiqués attribués à la Direction générale de la Sûreté Nationale. En 2018, pas moins de 1063 affaires liées à la cybercriminalité, ont été enregistrées, dont 793 traitées, soit en hausse par rapport à 2017 avec 725 affaires dont 504 traitées. Le ton est à la vigilance et à la prévention.
Mohamed Aissaoui