vendredi , 23 août 2019

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Le dialogue reprend ses droits

La rencontre entre le ministre du Travail et les syndicats pourrait-elle être l’acte fondateur d’un nouvel activisme syndical dans le pays ? Il en est du moins, pour l’instant, le gage d’une nouvelle approche du gouvernement et d’un apaisement dans ses relations avec les syndicalistes.
Avec tous les syndicalistes et non seulement la puissante UGTA. L’Etat semble décidé à rompre avec ses anciennes pratiques qui faisaient de l’organisation de Sid Saïd, son seul partenaire social crédible. Les difficultés financières et économiques que traversent le pays et les décisions toutes aussi difficiles, qui doivent être prises, auront besoin d’un consensus plus large qui ne peut laisser sur la rade les syndicats autonomes. L’épisode de la nouvelle loi sur la retraite et les mouvements de contestation qui l’ont suivi imposent une concertation plus large au delà de la seule UGTA.
Car dans le fond, la nouvelle loi était plus que nécessaire pour sauver la CNR et garantir les pensions des travailleurs retraités, mais le fait de n’avoir pas associer les syndicats autonomes a créé cette frustration qui a failli faire capoter le projet, et qui a poussé ces syndicats à faire le forcing pour une reconnaissance pleine et entière du gouvernement.
Il s’agit aujourd’hui de ne pas refaire la même erreur et d’associer tous les partenaires sociaux, autour de la loi sur le Travail. A bien penser, il vaut mieux des discussions âpres et difficiles que d’affronter les contestataires dans la rue. Le pays, en ces temps de tensions, doit s’économiser ce genre de situations qui pourraient dégénérer sur des conséquences encore plus grave.
Le ministre El Ghazi a été des plus explicite sur ce point, en faisant remarquer que la rencontre qu’il a tenue avec les syndicats, marquera «l’entame d’une dynamique nouvelle au plan du dialogue». Joignant la parole à l’acte, il chargera l’inspecteur général du travail, au ministère du Travail, Akli Barkat, d’être le «trait d’union» entre le ministère et les représentants des syndicats pour rédiger les rapports sur les différentes préoccupations soumises.
Reste maintenant, la tripartite et la possibilité d’y voir fait participer ces syndicats. Et à ce sujet le ministre s’est montré plutôt prudent, en estimant que la chose reste possible même si elle n’est pas, aujourd’hui, à l’ordre du jour. Mais quoi qu’il en soit, il est évident que la donne syndicale et le dialogue avec tous les partenaires sociaux amorcent un tout autre virage.

Par Abdelmadjid Blidi