jeudi , 12 décembre 2019

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Le difficile exercice de la séduction

Ce sera une première en Algérie. Un débat télévisé entre les cinq candidats à la présidence du 12 décembre prochain. Selon les observateurs de la scène politique algérienne, ce débat ne manquera pas d’apporter les éclairages nécessaires sur les programmes mais aussi les intentions des prétendants à la magistrature suprême.
Bien sûr, la réussite de ce rendez-vous télévisuel dépendra en large partie du panel de journalistes qui aura à animer les débats, mais aussi et surtout des questions qui seront mises sur la table pour jauger les capacités de tel ou tel candidat et sa maîtrise des dossiers complexes que connaît le pays.
Il est sûr aussi que cet exercice est risqué pour les cinq prétendants, car il se pourrait fort que le sort de l’un d’eux soit scellé au lendemain de cette joute télévisuelle. Désormais, il s’agit de bien préparer et le fond et la forme, car il faut savoir que certains candidats dans les grandes démocraties ont perdu leur campagne à cause d’un trait trop tiré ou d’une barbe mal rasée.
Enfin, chez nous on n’en est pas encore à ce stade, même si l’apparence et la prestance pèseront dans la balance. Mais ce qui importe aux Algériens, c’est surtout de découvrir sous un autre volet, peut être le plus frappant, ces candidats et leur capacité à recevoir les coups et convaincre plus que les autres. C’est aussi l’occasion de voir à quel point ils maîtrisent leurs dossiers et s’ils sont capables de proposer les solutions les plus à même de répondre aux attentes des citoyens, mais aussi de faire preuve de cette capacité, combien, salutaire en ces temps de crise, à unir la Nation et à faire admettre aux uns et aux autres que notre destin est un et indivisible et que ce n’est qu’avec cette conviction que l’on pourra s’en sortir.
Car au delà des sympathisants et des militants, il faut savoir convaincre les plus réticents et peut être même les opposants d’aujourd’hui au sein de la population. Et bien sûr, il s’agit avant tout de convaincre de la nécessité de ces élections et d’expliquer pourquoi ils sont le seul moyen aujourd’hui de faire sortir le pays de sa crise avec le moins de dommages possibles.
On verra en tous les cas ce vendredi qui est présidentiable et qui ne l’est pas. Il faut réussir à séduire, à convaincre mais aussi à dégager cette assurance qui donnera au peuple ce sentiment d’avoir confiance avec ce candidat plutôt qu’avec l’autre. Car au final c’est tout l’avenir du pays qui est en jeu aujourd’hui.

Par Abdelmadjid Blidi