dimanche , 21 juillet 2019

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Le drôle de démocrate

Sitôt, le corps électoral pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain convoqué, le parti islamiste, MSP, s’est mis en ordre de bataille. On pourrait voir dans cette attitude à trop s’intéresser à cette échéance, quelque chose de positif, au sens où la scène nationale prend la mesure de l’importance d’un rendez-vous politique majeur. On pourrait donc s’en réjouir, sauf que, pour le cas spécifique du MSP, nous sommes dans une situation un peu abracadabrante. Et pour cause, on sent bien comme une volonté de tout tester, pourvu que l’on puisse parvenir au pouvoir. Pour être clair, posons-nous donc un certain nombre de questions : Qui, dans la classe politique parmi ceux qui ont une chance de compter lors des dernières élections, a monté les scénarios les plus vraisemblables, comme proposer un allongement du mandat actuel du président de la République ? Qui court à droite et à gauche à la recherche de «désistement» en faveur de son candidat ? Qui multiplie les sorties médiatiques en insinuant plein de choses assez peu correctes à l’adresse de l’Armée Nationale Populaire ? Et enfin, qui dit exactement le contraire de ce qu’il a avancé quelques jours auparavant, juste pour amadouer une partie de l’opinion qui ne voit pas d’un bon œil ces attaques mesquines contre le chef de l’Etat, au seul motif qu’il est tombé malade ?
Les réponses à ces questions ne sont pas difficiles, en somme. Tout cet activisme débordant est le fait exclusif des islamistes. Et parmi ces islamistes, il y en a un qui court plus vite que les autres. Il est partout, dans toutes les chaînes de télévisions privées, sa photo revient, quotidiennement, dans la presse nationale. Il entend sans doute distancer ses paires, pour s’imposer comme le candidat idéal des islamistes. Mais il ne s’arrête pas à cette seule ambition. Il pousse plus loin ; il veut fédérer toute l’opposition. Il veut faire comme les dirigeants d’Europe de l’Est qui avait mis fin aux régimes communistes durant les années 90. Lui, c’est Abderrezak Mokri, président du MSP qui a appelé les militants de son parti à la mobilisation général, quelques minutes après la convocation par le chef de l’Etat du corps électoral.
Les jeux sont encore très loin d’être faits, mais il y a désormais une certitude : Qu’au sein de la classe politique, il est un personnage qui est prêt à tous les scénarios, pourvu qu’il atteigne son objectif. Ce n’est pas là, la caractéristique d’un démocrate légaliste qu’il prétend être. Les électeurs savent donc à quoi s’en tenir face à un homme qui a proposé de contourner la constitution. A méditer.

Par Smaïl Daoudi