samedi , 23 novembre 2019

Le faux débat sur le rôle et les missions des APW

Lors de la dernière session de l’Assemblée populaire de wilaya, le Wali d’Oran avait dénoncé, à juste titre, certains «stéréotypes administratifs» qui permettent de ranger aux oubliettes des projets d’action et des recommandations arrêtées à l’issue des grandes réunions de l’institution locale. On sait en effet, depuis longtemps, que les avis et recommandations émis à l’issue des travaux des APW successives, ne sont que très rarement suivis d’effet. Et d’un mandat à un autre, c’est très souvent les mêmes questions et les mêmes dossiers qui sont abordés, avec pour seule constante les jérémiades des élus sur un état des lieux mille et une fois décrit et dénoncé. En réalité, les élus de l’APW, à de rares exceptions prés, ne sont là que pour approuver à main levée le budget préparé et présenté par les services de wilaya concernés. Et quelques rares amendements ou changements sont de temps à autre «accordés» par l’administration souveraine, seule en charge des destinées de la Wilaya. Évoquant ces réunions de l’APW, le wali avait indiqué que «On n’est pas là pour faire le constat. Ni pour caresser les problèmes. Mais pour les régler ». Difficile de croire que les dossiers en éternelle instance, du logement à l’emploi, en passant par la santé, l’école, le transport, l’environnement, le tourisme, l’investissement, les projets en cours et bien d’autres domaines vitaux pour le développement et le progrès, puissent être suivis et débarrassés des mille et une contraintes et insuffisances qui les pénalisent sans cesse depuis des décennies. Comment croire que l’on peut régler tous les problèmes par la seule vertu d’une session de l’APW et des recommandations émises par des acteurs souvent peu soucieux, ou inconscients, de certaines tristes réalités pesant sur leur propre environnement . Certains parmi les élus, s’empressent très souvent d’accuser l’administration locale et les directeurs d’exécutif concernés de «ne pas avoir fait le travail» conformément aux recommandations préconisées. Comme si le problème pouvait être réglé par la seule magie d’un texte bien rédigé sur le document de l’APW. Comme tous les autres présidents d’APW avant lui, l’élu aujourd’hui en poste, a lui aussi demandé l’examen des suites données aux recommandations de la session précédente avant même d’aborder l’ordre du jour de la session en cours. En guise de réponse, la Wali a suggéré la mise en place de «comités mixtes exécutif-APW» chargés du suivi de l’application des recommandations de la session. Une façon de confirmer l’échec récurrent des commissions de l’APW, chargées de «monter» les dossiers inscrits au débats de la session… En réalité, seule une profonde réforme et un changement radical dans les fondements et l’organisation du système de représentativité permettra aux instances locales élues de jouer véritablement leur rôle et d’assumer leur mission avec compétence et crédibilité. Tout le reste n’est que décor et agitations de façade.

Par S.Benali