samedi , 23 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Pour aider l’Algérie à réaliser des réformes structurelles</span>:<br><span style='color:red;'>Le FMI et la BM marquent leur disponibilité</span>

Pour aider l’Algérie à réaliser des réformes structurelles:
Le FMI et la BM marquent leur disponibilité

M.Loukal fait des présentations, les responsables de la Banque mondiale et du FMI écoutent, mais lorsque viendra le moment de passer à l’action, les exemples de l’Equateur, l’Egypte ou encore la Grèce sont là pour montrer que la disponibilité des institutions financières internationales n’apporte pas forcément des solutions aux populations des pays en difficulté.

La situation financière difficile de l’Algérie a figuré dans l’agenda des Assemblées générales du FMI et la Banque mondiale. Les deux gendarmes financiers de la planète ont exprimé une grande disponibilité à «appuyer et accompagner» les efforts de développement économique en Algérie. Une sollicitude qui ne cache pas moins des « conseils » assez durs à mettre en œuvre, compte tenu de l’orthodoxie financière à laquelle s’attellent les deux institutions de Breton Wood.
Le représentant algérien à ces assemblées générales, à savoir, Mohamed Loukal, a donc été destinataire des « bons sentiments » des dirigeants du FMI et de la Banque mondiale, en l’occurrence Mme Kristalina Georgiva et M. Davis Malpass. Ces deux personnalités incontournables de la finance mondiale ont affirmé vouloir apporté l’expertise des institutions qu’il dirigent à l’Algérie, afin que le gouvernement mette sur pieds un programme de sortie de crise. On aura souligné, tout de même, la satisfaction du représentant de la BM «de la qualité du partenariat avec l’Algérie», non sans afficher «la disponibilité du Groupe de la Banque Mondiale, à travers toutes ses institutions, à apporter son appui pour un accompagnement de l’Algérie dans ses efforts de développement économique». L’offre peut paraître tentante, sauf que les «coups de mains» du FMI et de la BM n’ont pas toujours été bien reçus par les populations auxquelles elles sont adressées.
On n’en n’est pas encore là, mais M. Loukal a quand même mis en avant «la volonté et l’engagement des pouvoirs publics à poursuivre les réformes économiques structurelles». Un propos que tous ces prédécesseurs ont déjà dit aux représentants de la finance internationale, sans passer véritablement à l’action. Il n’a pas manqué, cependant, de révéler que sur pas mal d’aspects, le gouvernement a avancé, notamment dans l’impôt, la mise en place de mécanismes adaptées pour l’inclusion financière, la diversification des produits bancaires, la réforme de la gouvernance des banques publiques pour une meilleure efficience en matière de financement de l’économie, en vue d’une croissance plus inclusive.
En marge de ces Assemblées, M. Loukal a également rencontré M. Jihad Azour, directeur du Département Moyen-Orient et Asie Centrale (MOAC) au Fonds Monétaire International. Lors de l’entretien, le ministre a présenté les évolutions de la situation économique en Algérie en rappelant les efforts déployés par l’Algérie pour la modernisation de l’administration fiscale et le renforcement de la gestion budgétaire. Mais il convient de noter que toute cette énergie dépensée par le ministre des Finances n’aura pas d’impact sérieux sur la gouvernance économique du pays.
M.Loukal fait des présentations, les responsables de la Banque mondiale et du FMI écoutent, mais lorsque viendra le moment de passer à l’action, les exemples de l’Equateur, l’Egypte ou encore la Grèce sont là pour montrer que la disponibilité des institutions financières internationales n’apporte pas forcément des solutions aux populations des pays en difficulté.
Il ne reste pas moins que l’Algérie a tout de même intérêt à maintenir le contact et c’est certainement pour cela que le ministre dit avoir eu des «entretiens fructueux» avec les responsables du FMI en charge des finances publiques et des questions fiscales. Ces échanges ont porté sur l’état et les perspectives de coopération entre l’Algérie et le FMI dans les domaines fiscal et budgétaire.
Dans ce cadre, les responsables du FMI ont marqué «la volonté de leur institution à accompagner les efforts de l’Algérie dans son plan de modernisation dans les domaines relevant de la compétence du FMI, notamment au niveau de la digitalisation du système fiscal, du recouvrement de l’impôt et de la gestion des risques budgétaires». Jusque là, ça a l’air simplement technique, mais l’on sait, en Algérie pour l’avoir déjà testé, que les «remèdes de cheval» du FMI font très mal.
Yahia Bourit