lundi , 17 décembre 2018

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Le FMI pousse à «l’âge de la colère»

La directrice du FMI, de nationalité française, au passage, a affirmé craindre l’avènement d’un «âge de la colère». L’expression est forte et l’auditoire de Christine Lagarde était trié sur le volet. La patronne du gendarme financier du monde ne s’est pas exprimée n’importe où. Elle a discouru dans la prestigieuse bibliothèque du Congrès à Washington, au cœur de la pensée capitaliste qui domine aujourd’hui le monde et dont le bras armé, n’est autre que le FMI. Cet «âge de la colère» que craint Mme Lagarde est en passe de créer plus d’inégalités que celles de l’«âge d’or» du capitalisme au XIXe siècle.
Le discours était solennel et la haute fonctionnaire française devait, sans doute, avoir à l’esprit les images des violentes manifestations des «Gilets jaunes» dans son pays, 6e puissance économique de la planète. Christine Lagarde qui, comme nous tous, suivait les reportages qui mettaient en exergue la difficulté de la vie d’un smicard de son pays, sait parfaitement pourquoi la France en est arrivée à cette situation où la classe «laborieuse» vit une vit d’esclave au moment où «la crème» capitaliste de la société s’offre une existence de luxe impensable.
Le constat que fait la directrice du FMI, est partagé par tous. L’ensemble de l’humanité sait que plus de la moitié de la richesse mondiale est entre les mains de 1% de la population de la terre. Après cette blessante réalité, le Fonds monétaire international est censé faire quelque chose, corriger ce qui ne va pas. A ce propos, une question s’impose, pourquoi Mme Lagarde n’a-t-elle pas senti «l’âge de la colère», avant les «Samedis des Champs Elysées» ? Elle a pourtant soumis les Grec au supplice de la récession et du chômage de masse.
Il reste que si l’on suppose que le réveil de la patronne du FMI a un lien avec le saccage de la plus belle avenue du monde, on ne peut que douter de sa conviction d’aller vers un monde meilleur. Et pour cause, Mme Lagarde veut bien que les choses aillent mieux pour les plus pauvres, mais jamais au détriment du dogme capitaliste dont elle est la personnalisation parfaite. Entre autres «réflexions» dans le sens de ce qui a été à l’origine des émeutes, la gendarme financier du monde défend le système actuel des échanges et préconise l’élimination des subventions qui, selon elle, «causent des distorsions». Elle appelle l’«âge de l’inventivité», en y accolant quelques slogans creux, du genre: «les économies profiteront des énergies renouvelables, une plus forte intégration des femmes dans le monde du travail et les grandes entreprises feraient montre de responsabilité sociale». En réalité, le FMI pousse la planète à «l’âge de la colère».