jeudi , 12 décembre 2019

...:
Le gouvernement et la citoyenneté

Plus de trente agriculteurs algériens exposent leurs produits au Salon de l’Agriculture à Paris. Contrairement aux précédentes participations, les Algériens ont certainement la ferme intention de faire parler d’eux, de décrocher de véritables contrats à l’export. Les citoyens qui mettaient souvent en doute les capacités de leur pays de relever le défi d’aller concurrencer les voisins sur les marchés européens et arabes, reconnaissent, ces derniers jours que l’agriculture nationale a passé des caps stratégiques. Et pour cause, tout le monde en Algérie, constate une meilleure maîtrise du marché de la part des autorités publiques. Même si l’époque n’est naturellement pas à l’abondance de nombreux produits, les citoyens moyens ont de moins en moins de problèmes pour trouver des légumes à des prix abordables.
Ce sont là autant d’indices probants de l’évolution du pays dans le bon sens. Le bien être des citoyens n’est-il pas la première mission de tout gouvernement ? Celui-ci semble remplir ses engagements envers la collectivité nationale. Les outils mis en place par les autorités ont donc assez bien répondu et l’on peut s’estimer heureux de vivre en Algérie, en ces temps troubles dans pas mal d’autres pays.
Mais est-ce suffisant ? La réponse du premier Algérien croisé dans la rue est bien entendu négative, apportant à son propos des arguments tirés du fin fond de son quotidien qu’il n’hésite pas à qualifier de morose. Ce n’est pas que les Algériens soient des éternels insatisfaits, mais disons qu’ils n’accordent aucune circonstance atténuante à ceux qui ont la charge de la gouvernance du pays.
C’est ainsi que vont les choses chez-nous. Les ministres, les walis, les chefs de daïra et les maires peuvent se démener comme des diables pour arracher un petit sourire à l’Algérien, ce dernier trouvera toujours le moyen de critiquer l’action de l’administration publique. Et lorsque tout va bien, il dira que les gouvernants n’ont aucun mérite. C’est leur mission naturelle. Mais la question qu’il faut poser et que lesdits gouvernants n’arrivent pas à formuler, est de savoir si le citoyen connaît bien son travail. Le propos est sans doute dur, mais il faudra bien un jour que l’on se penche sur la question de la citoyenneté.

Par Nabil.G