samedi , 21 septembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Le pays retient son souffle à la veille des marches prévues demain  </span>:<br><span style='color:red;'>Le grand test du 4ème vendredi</span>
© D.R

Le pays retient son souffle à la veille des marches prévues demain :
Le grand test du 4ème vendredi

Ce quatrième acte de la mobilisation citoyenne est, de fait, un rendez-vous majeur pour tous les Algériens que ceux–ci soient parmi les manifestants ou dans le camp du pouvoir, voire même au sein des services de sécurité.

Le quatrième vendredi de mobilisation populaire est attendu avec une pointe d’impatience, mais également d’inquiétude. Et pour cause, les derniers développements de la situation, illustrent une sorte d’impasse. En effet, l’offre du président de la République de ne pas se présenter à un cinquième mandat et de reporter l’élection présidentielle n’a pas reçu l’accueil souhaité. Les manifestations, qui ont été nombreuses et concernaient plusieurs catégories de la société, ont toutes délivré un discours de défiance à l’endroit de la proposition présidentielle. Les Algériens, par milliers, ont donc annoncé au chef de l’Etat leur détermination à ne pas accepter le report de la présidentielle, telle que préconisé par le président Bouteflika. De fait, le pays se retrouve dans une situation délicate où les Algériens, à travers une expression de rue, se mettent face à une démarche du chef de l’Etat.
L’on se trouve, ainsi, pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante, dans une sorte de face à face inédit qui appelle forcément de nouvelles initiatives de la part de la présidence de la République, ou tout au moins un grand effort d’explication pour dénouer le «conflit larvé» qui commence à donner quelques signes d’inquiétudes.
Le président de la République qui a chargé hier, le nouveau Vice-Premier ministre Ramtane Lamamra et le diplomate Lakhdar Brahimi, de développer son plan de travail auprès des médias et, au delà, en direction de l’opinion publique nationale, est dans une posture sans précédent, depuis son arrivée à la tête du pays. Visiblement pas assez bien écouté par les Algériens, le chef de l’Etat se doit d’être, pour ce qui le concerne, à l’écoute de ce que diront les Algériens, lors des manifestations de demain, vendredi 15 mars.
Ce quatrième acte de la mobilisation citoyenne est, de fait, un rendez-vous majeur pour tous les Algériens que ceux–ci soient parmi les manifestants ou dans le camp du pouvoir, voire même au sein des services de sécurité. Compte tenu des diverses marches enregistrées aux quatre coins du pays, les observateurs de la scène nationale s’attendent à un niveau de mobilisation exceptionnelle. Il faut dire que la Toile foisonne déjà d’appels à manifester. Il y a lieu de souligner, à ce propos, que ces appels sont accompagnés par un discours de refus de la solution préconisée par le président de la République. C’est dire donc que l’on s’attend à ce que les manifestations de demain confirment la tendance générale, orientée vers le refus du plan présidentiel.
Il reste, cependant, qu’il n’est pas dit que la mobilisation attendue, soit une fin que quelque nature que ce soit. Le président de la République dispose déjà du tandem Lamamra-Brahimi, appelé à défendre son plan, mais il lui reste aussi l’opportunité de nommer un gouvernement rénové, à même de rétablir la situation, à travers un discours, lui aussi, rénové. Ce sont-là deux leviers importants que le chef de l’Etat déploiera dans les tout prochains jours. Ils seront destinés à convaincre les Algériens du bien fondé de sa démarche pour sortir le pays de la crise. Mais avant cela, le pays se prépare au grand test du 4e vendredi.
Younes Rahal