jeudi , 14 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Ouyahia, Sellal et Benyounes en prison</span>:<br><span style='color:red;'>Le Hirak applaudit</span>

Ouyahia, Sellal et Benyounes en prison:
Le Hirak applaudit

Le développement politico-judiciaire de ces deux derniers jours a donné des ailes à la mobilisation populaire et mis des centaines de milliers de citoyens dans la rue, avec la ferme détermination d’appuyer les efforts tendant à décapiter le régime et accéder à la deuxième République.

Les Algériens, aux quare coins du pays, ont répondu massivement à l’appel de la mobilisation nationale, en ce 17e vendredi de marche à travers la totalité des wilayas du pays. Les manifestations d’hier étaient particulières puisqu’elles ont intervenu au lendemain de «l’impressionnant» défilé d’anciens hauts responsables du gouvernement devant le juge de la Cour suprême. Les Algériens qui attendaient des signes probants de la chute du régime étaient, ces mercredi et jeudi, aux premières loges. Les anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que plusieurs ministres ont comparu et d’autres vont comparaitre dans les prochains jours, avec une forte probabilité d’un traitement judiciaire à la hauteur de ce qu’attendait le peuple de la part de la Justice.
Et pour cause, le communiqué du procureur près la cour suprême est on ne peut plus clair à ce propos, Il a affirmé, jeudi, que l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia et l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounès, auditionnés par le juge enquêteur près la Cour suprême, étaient poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à «l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats». Le même communiqué relève que «dans le cadre d’une enquête ouverte au niveau de la Cour suprême à l’encontre de Ahmed Ouyahia, il a été procédé, ce jeudi 13 juin 2019, à l’audition de Abdelmalek Sellal et de Amara Benyounes par le juge enquêteur».
Abdelmalek Sellal et Amara Benyounès sont poursuivis pour «attribution d’indus avantages dans le cadre de l’octroi de marchés publics et de contrats», «conformément à l’article 26, alinéa 1 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, dilapidation de deniers publics, conformément à l’article 29 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, abus de pouvoir, conformément à l’article 33 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, et abus de fonction, et conflit d’intérêts, conformément à l’article 34 de la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption». Le juge enquêteur avait ordonné le placement des deux inculpés en détention provisoire, rappelle la même source.
Le développement politico-judiciaire de ces deux derniers jours a donné des ailes à la mobilisation populaire et mis des centaines de milliers de citoyens dans la rue, avec la ferme détermination d’appuyer les efforts tendant à décapiter le régime et accéder à la deuxième République. Il se trouve, cependant, que loin d’être dupes, pas mal de citoyens n’entendent pas rentrer chez-eux pour autant. Même si l’incarcération des symboles du système Bouteflika était très largement commentée, hier, partout, le souci d’une prochaine présidentielle transparente avec, au bout, une nouvelle République démocratique et garantissant les droits de l’homme et une justice sociale, revenait beaucoup dans les commentaires des Algériens, interrogés par Ouest Tribune.
Il y a lieu de relever, à ce propos, qu’une forte impression de pas sérieux réalisés dans le bon sens, était dominante dans les discussions des manifestants. Il y a, de fait, un début de rétablissement de la confiance, mais il y a également beaucoup de vigilance dans l’attitude des Algériens. «Si nous en sommes là, c’est grâce à la mobilisation du peuple. Nous avons réalisé beaucoup, mais il ne faut pas baisser les bras. Il nous faut trouver la solution définitive à cette crise», résume Nadia, enseignante de son état et militante très motivée, pour avoir participé à 16 marches dans la capitale.
En définitive, les Algériens sont très sensibles à l’accélération de la situation politico- judiciaire, mais demeurent convaincus que c’est par eux que le changement interviendra dans le pays.
Anissa Mesdouf