jeudi , 12 décembre 2019

Le laxisme et à la dégradation dans l’indifférence collective

En inspectant presque chaque jour, les différentes infrastructures sportives devant abriter les Jeux méditerranéens en 2021, le wali d’Oran M. Djellaoui Abdelkader, ne peut que confirmer, malgré lui, l’ambiance de doute et d’inquiétude qui entoure les préparatifs de ce prochain rendez-vous sportif international. Hier, la visite à Oran d’une importante délégation du comité international des Jeux méditerranéens, a été curieusement accompagnée par de fortes rumeurs sur un éventuel retrait ou ajournement des compétitions à une autre date. Des spéculations, loin d’être sans fondements, et qui reposent sur une amère réalité du terrain local toujours marqué par des retards, des tâtonnements et des agitations futiles servant à voiler les insuffisances et les déficits. Devant être livré dans son intégralité avant juin 2020, le complexe olympique risque, selon des observateurs crédibles, de ne pas être au rendez-vous pour diverses raisons techniques et financières, encore en instance. Il est vrai que l’entreprise chinoise en charge des travaux, a été à maintes fois sommée d’accélérer la cadence des chantiers. Des équipes de travail en 3×3, ont été mises en place pour assurer les travaux en continu, mais ce serait sans compter sur la spécificité de certaines tâches, sur les conditions d’approvisionnements des chantiers et sur l’organisation rigoureuse des activités le plus souvent confiées à des sous-traitants qui, pour certains réclament encore le paiement de factures impayées. En se rendant la semaine dernière à la piscine olympique de Medina Djedida, qui nécessitait une étude technique pour la réalisation des travaux d’aménagement dans les normes requises, le Wali d’Oran ne pouvait là encore qu’insister sur le respect des délais de livraison de cette infrastructure pour être fin prête avant le début des essais et des entraînements, soit en juin 2021. Six mois à peine suffiront-ils à achever ce chantier dans les règles de l’art requises en la matière ? Cette piscine, implantée on ne sait trop pourquoi au cœur du célèbre Jardin des plantes tombé en désuétude, n’a jamais connu une prise en charge et une maintenance digne de cette infrastructure. Fermée il y a quatre ans, elle devait des travaux de réparation et de rénovation des pompes et de la chaufferie qui n’ont jamais été entretenues depuis 2013. La plupart des autres infrastructures retenues pour abriter les compétitions, dont le Palais des sports de Mdina Jdida, le club de tennis de St Hubert, le parcours équestre de l’ex-étrier oranais, et bien d’autres endroits, souffrent eux aussi de l’hallucinante marginalisation qui les a frappés et pénalisés des années, voire des décennies durant. Cette édition des jeux méditerranéens, disent et applaudissent les «mauvaises langues», aura au moins le mérite de faire accélérer la réparation, la maintenance et l’aménagement des structures sportives de la ville soumises, depuis toujours, au laxisme et à la dégradation dans l’indifférence collective.

Par S.Benali