jeudi , 21 novembre 2019

Le long règne des tricheurs-prédateurs

Dans un article paru en début de semaine, notre confrère à Ouest Tribune a judicieusement abordé et dénoncé cette ancienne opération de plantation de dizaines de palmiers le long du boulevard des Dunes à Cap Falcon, dans la daïra d’Ain El Turk. Des arbres dits de décoration, aujourd’hui morts et desséchés, qui offrent au regard des citoyens et des visiteurs un triste et désolant décor, reflétant surtout la gabegie et les dérives dans la gestion des deniers publics et des affaires locales. Il est vrai, comme le souligne notre ami, que «parler de palmiers qui dépérissent» peut aujourd’hui paraître futile et dérisoire quand on connait l’ampleur et la gravité des situations dans laquelle se trouve la Daïra d’Ain El Turk depuis des années. Du logement à l’école en passant par l’emploi, la santé, l’investissement, l’environnement, le cadre urbain ou l’essor du tourisme, aucun domaine n’est en effet épargné par la médiocrité, le laxisme et le culte de la régression. Et ce «fiasco» de la plantation de palmiers, qui a coûté d’importantes sommes d’argent au contribuable, n’a malheureusement pas dérangé grand monde. Encore moins les décideurs locaux de l’époque, dont un ancien Wali promu Ministre de la santé, qui serait d’ailleurs l’un des premiers acteurs-promoteurs de cette opération «palmiers décoratifs» vouée à l’échec car ne répondant à aucune norme technique et climatique requise en matière de plantation. La conjoncture de l’époque, marquée par un hallucinant climat de prédation dans l’impunité garantie aux courtisans du système, avait on le sait, ouvert la porte à toutes les dérives possibles dans la gestion des grandes affaires locales. Marginalisées et exclues des sphères de la représentativité populaire, les véritables élites sociales, intègres et crédibles, ne pouvaient que regarder, impuissants, à «l’envahissement du terrain» par des faunes de guignols en quête de privilèges indus et de gains illicites. Ces palmiers, grandeur nature, plantés inutilement ici et là à Ain El Turk et à Oran, devaient servir, disait-on, à décorer le paysage. Ils n’ont en réalité servi qu’à remplir un peu plus les poches de certains voraces, avides de gains rapides et illicites, qui ne ratent aucune opportunité de magouilles et de malversations. A Ain El Turck, à Oran, et comme sans doute partout ailleurs, la plupart des projets et des actions engagées au titre du développement local ou de l’amélioration du cadre urbain étaient une occasion offerte aux tricheurs-prédateurs agissant dans l’impunité d’un système toujours en quête de reconduction. Jusqu’à quand ?

S.Benali