jeudi , 14 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Chambre de commerce et de l’industrie</span>:<br><span style='color:red;'>Le marché informel au centre des débats</span>
Chambre de Commerce d’Oran © D.R

Chambre de commerce et de l’industrie:
Le marché informel au centre des débats

Une journée d’information a été tenue hier matin, au niveau de la Chambre de commerce et de l’industrie de l’ouest, ayant pour thème: «L’impact du marché informel sur le marché réel et la concurrence», regroupant les opérateurs de la région ouest, avec plusieurs experts de l’économie, des cadres de la douane, des impôts et de la direction régionale du commerce.

Selon le directeur régional du commerce, «le phénomène du commerce informel a été surdimensionné par les médias. Je ne peux donner une estimation réelle de ce phénomène et c’est vrai, qu’il pose problème pour l’économie du pays, même en traçabilité du produit. Prenons un exemple, s’il y a une grande intoxication alimentaire à base de produits informels, on ne pourra jamais savoir la source de sa provenance. Le commerce informel, ce n’est pas toujours ce petit commerçant qui possède une table. Il faut bien préciser, que c’est une économie souterraine, défaut de facturation, faute de traçabilité de transactions. Effectivement, lors de l’intervention de la brigade mixte, (douanes, impôts, direction du commerce), nous avons relevé plusieurs infractions, comme les défauts de facturation, des chiffres d’affaires dissimulés, estimés à des centaines de millions. C’est la préoccupation majeure du gouvernement algérien. Il n’y a pas d’autres mesures, mais il faut en tirer profit, car, il faut bien le savoir, qu’il y a beaucoup d’argent qui a été investi en ce sens, dans la réalisation des marchés de proximité, des locaux commerciaux etc. On a constaté, qu’il y a de la résistance pour occuper ces locaux car, il faut savoir, que ces personnes ont un profit net d’impôts, donc, ils n’ont aucune responsabilité morale ou pénale. Ils préfèrent rester dans cette situation. A cet effet, l’Etat a changé d’orientation, en faisant de grands investissements, les hyper marchés dans plusieurs localités de la région ouest. Le commerce informel est estimé entre 40 et 50% de l’activité commerciale».
Mr Chouam Bouchama a fait une intervention très longue, sur les recherches effectuées au niveau de l’université Belgaid, sur le marché informel. «Nous savons que le marché informel est partout, c’est une priorité nationale. En effet, depuis plusieurs années, le gouvernement devait concevoir le livre blanc sur le marché informel, mais jusqu’à l’heure actuelle, il ne l’a pas réalisé. Prenons l’exemple des concessionnaires de voitures, sur 80 demandes, 40 seulement remplissent les conditions. On sait que 85,5% pratiquent la non facturation, 78,18% de fausses déclarations, 11,75% déclarent qu’ils ont payé une commission à un commis de l’Etat, pour accélérer une procédure, 64,20% reconnaissent ne pas déclarer tous les employés, 40,87% ont eu recours à de fausses pièces administratives, 17,87% ont montré de faux dossiers pour des subventions publiques, 89% soutiennent que la majorité des administrateurs touchent des commissions, 85,61% soutiennent que la fraude est présente, tant dans le public, que dans le privé, 89,20% sont des importations frauduleuses. Ce sont des statistiques délivrées par le laboratoire de recherche de Belgaid.

A.Yasmine