dimanche , 26 janvier 2020

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Le Mawlid, cet autre indicateur…

Le Mawlid Ennabaoui pointe du nez. Moins de 10 jours nous séparent de l’évènement le plus prisé par les enfants. Depuis que l’on se souvienne, le Mawlid a toujours été un moment particulier pour toutes les familles algériennes. Il y a cette belle petite chanson que l’on chantait autour d’une bougie « spéciale Mawlid » qu’on ne retrouve sur le marché qu’à cette occasion. Il y a aussi les plats traditionnels que l’on déguste avec un grand plaisir. Et puis le Mawlid, c’est un moment privilégié parce qu’on se sent connecté aux milliards de musulmans qui peuplent la planète. Les chiites, les Ibadites les Wahhabites, les sunnites….enfin toutes les confessions s’accordent sur le jour J. Ce n’est pas comme le début du ramadhan ou l’Aïd El Fitre.
Pour ces raisons, le Mawlid a un goût spécial. Il arrange tout le monde et c’est tant mieux. Il arrange tellement de monde d’ailleurs que même les trafiquants, les corrompus et les marchands ambulants, y trouvent leur compte. En Algérie, en tout cas, se serait dévoiler un secret de polichinelle que d’affirmer le caractère « mafieux » des à-côtés du Mawlid. Tout le monde s’accorde sur le fait que le degré d’inondation du marché national par les millions de pétards, marchandise théoriquement prohibée, a toujours été l’indicateur du citoyen moyen pour ce qui concerne le niveau de corruption qui sévit dans certaines institutions de l’Etat.
Cette année, comme les dix autres qui ont précédé, les pouvoirs publics nous inondent d’information sur des interceptions de conteneurs de pétards opérées par les services des Douanes. Le bal des saisies qui a commencé, il y a quelques jours déjà, totalise plusieurs dizaines de milliers d’unités retirées du circuit. Ce sont les enfants qui ne seront pas contents, quoique nous ayons déjà eu ce genre d’annonces et au final, la nuit du Mawlid avait été «superbement éclairée» par les dernières innovations chinoises en la matière.
Il faut dire que saisie ou pas, les contrebandiers ont encore de solides connaissances là où il faut. Mais ne tuons pas la peau de l’ours avant de l’avoir abattu. Attendons encore deux petites semaines pour être fixé sur l’ampleur de la corruption chez-nous. Cela dit, on sera fixé sur le fait que les contrebandiers et corrompus aient changé ou pas de marchandise. Ça devenait burlesque avec les pétards.

Par Smaïl Daoudi