dimanche , 17 novembre 2019

Le mode de gouvernance d’une collectivité locale

Évoquant certains dossiers en instance inscrits au programme d’amélioration du cadre de vie et de gestion du tissu urbain, quelques anciens cadres et universitaires installés autour d’un thé ont fini par aborder un intéressant débat sur la gouvernance de la ville et la répartition des attributions et des responsabilités dans la conduite des «affaires locales». Il est vrai que depuis l’Indépendance, la grande ville et notamment Oran la capitale de l’ouest, n’a jamais connu en la matière une prise en charge claire, transparente et organisée, conforme à une organisation des structures efficaces permettant d’identifier la responsabilité des intervenants installés aux commandes des différentes institutions en charge du progrès et du développement local. Après avoir été, des décennies durant, le représentant de l’Etat nourricier, pourvoyeur de crédits qu’il fallait consommer au pas de charge, le Wali s’est peu a peu adapté aux nouvelles conjonctures sociales, allant jusqu’à devenir le «manager général» de la wilaya, une sorte de grande Entreprise devant résoudre ses crises, ses déficits et ses paradoxes cumulés durant des décennies. Sur instruction de la tutelle, il a été demandé aux walis non seulement d’assurer un essor économique en termes d’emploi et d’investissement, mais aussi de veiller à l’amélioration de l’image et du statut des agglomérations à travers les différentes politiques de lutte contre les bidonvilles, d’amélioration du cadre urbain, de bon fonctionnement des transports, d’organisation de la mobilité, et de préservation des équilibres vitaux pour la paix et la stabilité sociale… Jugés sur une «obligation de résultats», la plupart des wali qui se sont succédé ces dix dernières années à Oran, semblaient dans l’obligation d’empiéter sur les attributions d’autres responsables, allant parfois jusqu’à devenir des Maires, des urbanistes et des «Chefs de chantier», inspectant eux-mêmes les projets et les opérations lancées dans les différents secteurs d’activité. Mais si les projets importants sont souvent assez bien suivis et maîtrisés, d’autres actions programmées parfois depuis deux dizaines d’années, traînent en longueur et tardent à être concrétisées. A l’image de l’aménagement de la rue de la Bastille, de la réhabilitation du Grand Hôtel, de l’ex-cave vinicole de la place Hoche, de l’élargissement de certaines rues, de l’aménagement du cadre urbain de grandes cités d’habitat, et de l’éradication de bon nombre de «points noirs» présumés recensés par les multiples Comités et Commissions créés à cet effet… Il se trouve que c’est sur le terrain de la vie quotidienne et du cadre de proximité que se forgent les avis et les jugements de l’opinion sur le mode de gouvernance d’une collectivité locale. Fatalement, il n’est pas facile pour le citoyen anonyme de faire la part des choses entre la responsabilité de l’Etat et ses représentants et celles des élus locaux, réduis souvent au rôle de simples exécutants, sans envergures ni imagination. Ce qui n’est pas toujours le cas…

Par S.Benali