vendredi , 25 mai 2018

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Le must de l’Algérie: la sécurité hydrique

On sait bien que la gouvernance consiste à se dépasser constamment, et pas simplement pour tenir. Mais pour se transcender perpétuellement. S’il existe un chapitre de développement où l’Etat algérien se reconnait dans cet axiome, c’est bien celui de l’eau.
On a tout dit sur les mandats du président Abdelaziz Bouteflika, sauf l’objectivité de reconnaître que depuis son arrivée au Palais d’El Mouradia en 1999, l’Algérie s’est métamorphosée question disponibilité en eau. Le pays était complètement déshérité en ressources hydriques, totalement asséché par endroits. Une situation qui alimentait fables, gags et moqueries dont se gavaient la population et, surtout, les visiteurs de l’Algérie. Il fut un temps où le principal meuble d’une maison était le jerrican. Et lorsque les ménages se vantaient de jouir d’une baignoire à domicile, c’était bien parce qu’ils étaient heureux de la transformer en réservoir d’eau. La douche maison n’existait que pour les palais des officiels et des fortunés. Dans le grand sud, il fut un temps pendant lequel les citoyens n’avaient même pas le droit d’espérer retrouver les sonorités d’une eau miraculeuse jaillir subitement des robinets qui se rouillaient. Quel triste souvenir !
Aujourd’hui, si l’eau ne coule pas à flot dans tout le territoire, loin s’en faut, l’Algérie se rapproche des critères internationaux en vigueur sur la disponibilité de cette source de vie. Une belle avancée. Cet indicateur de confort minimum pour toute société, résulte d’une politique de l’eau audacieuse, inspirée par la recherche de l’équité et de la justice dans l’acheminement de cet élément de plus en plus aléatoire avec le dérèglement climatique et le réchauffement de la planète. Abstraction faite en cette année, une saison exceptionnellement arrosée par la générosité de Dame Nature. A l’origine de cette énorme stratégie, la réforme du secteur de l’eau que l’ensemble des gouvernements qui se sont succédé autour du Président Bouteflika, ont soutenu et renforcé, jusqu’à preuve du contraire. Cette notion de gestion de l’eau dans le contexte de développement structurel et intégré du pays, tient de bonne gouvernance. Celle-là même qui commande de transformer les niveaux d’eau insuffisante en un volume sans cesse satisfaisant, en quantité et en qualité. Dans tous les programmes quinquennaux et à l’instar de tous les pays en développement, l’Algérie s’est toujours souciée du secteur de l’eau au même titre que ceux de la santé publique et de l’éducation nationale. L’amélioration continue de ces trois fronts sociaux, participe en fait, de la lutte contre la pauvreté.
Dans cette approche, les pouvoirs publics se retrouvent aux origines de la conscience politique. Celle de l’avènement d’une société aboutie et moderne, ainsi que de la culture. Il ne s’agit pas d’une œuvre de fiction, mais bien d’une mission pratique induite par la bonne gouvernance, et que l’Algérie maitrise parfaitement sans effets d’annonces pompant. Alors que nous possédions «44 barrages seulement en 2004, avec une capacité totale n’excédant guère les 2,5 milliards de mètres, sécheresse accrue et irrégularité temporelle et spatiale, 15 nouvelles structures hydrauliques sont venues enrichir cette carte durant les cinq dernières boucles dont les imposantes retenues de Taksebt et de Béni Haroun», selon le site du ministère de tutelle. En 2009, notre réseau barrage s’amplifiait jusqu’à compter 72 unités. Aujourd’hui, l’Algérie dispose de 75 ouvrages hydrauliques d’une capacité de 6,5 milliards de mètres cube et attend 9 autres nouveau-nés qui sortiront des entrailles de la terre en 2019. Hocine Nécib, le ministre des Ressources en Eau, doit se sentir heureux: d’abord, il précisait la semaine dernière que 15 bassins sont remplis à 100%, 20 autres à 75%, le reste, ceux de l’ouest du pays affichant un taux de 50%. Pour notre pays boudé par les pluies abondantes durant une vingtaine d’hivers, ces chiffres flirtent avec les records historiques du passé. Et comme une nouvelle n’arrive jamais seule, le gouvernement projette de réaliser 80 autres sites, afin que le patrimoine barrages atteigne en 2030, la bagatelle de 139 barrages capables d’emmagasiner un volume record de 12 milliards de mètres cube.
Autre fait marquant dans la politique de mobilisation de l’eau ces années récentes, le recours de l’Algérie à la production d’eau à partir de la mer. Autres difficultés, autres défis. Celui des usines de dessalement d’eau a valeur d’exemple continentale. Depuis 2000, le pays ne boucle pas un exercice sans inaugurer une nouvelle unité de dessalement, toutes édifiées à partir de joint-venture avec des partenaires européens, asiatiques et américains. Le joyau de tout cet ensemble se localise dans la région d’El Macta, la plus grande usine de l’Afrique offrant quotidiennement 500.000 mètres cube d’eau. Une œuvre unique dessinée en 2015 par un partenaire de Singapour et financée à raison de 70% par un consortium de banques publiques. Une petite merveille en son genre, inaugurant dans le Continent la technique de l’«Osmose Inverse», dernier cri de science du dessalement.
Tous ces projets entrent dans ce qu’on appelle «la sécurité hydrique». Une formulation qui s’inscrit bien dans la démarche sécuritaire totale d’une Algérie qui, sur le plan hydraulique, a réussi à rattraper un énorme retard. Dans lequel les moqueries remplaçaient l’eau.

Par Fayçal Haffaf