dimanche , 24 mars 2019

Le mythe des défis et des grandes échéances

Oran organisera les Jeux méditerranéens en 2021. Plus que deux ans à peine pour finaliser les préparatifs de cet événement inscrit en objectif majeur dans le programme et les discours des responsables et gestionnaires concernés. Après les mois d’emballement et d’euphorie, qui avaient marqué la scène locale après le succès de la candidature de la ville d’Oran aux JM 2021, les lampions se sont quelque peu éteints, plongeant peu à peu cette future manifestation dans une forme d’indifférence et de désintéressement de la population préoccupée par d’autres enjeux et d’autres échéances.

Lundi dernier, la visite de travail effectuée à Oran par le président du comité olympique algérien Mustapha Berraf, venu faire le point sur les préparatifs menés par les organisateurs désignés, n’a pas connu la même ambiance ni le même intérêt médiatique auparavant accordé à l’événement. Et lors d’un point de presse, le responsable du Comité olympique a «exprimé sa satisfaction» face à l’avancée notable des travaux de réalisation et de finition des infrastructures sportives devant abriter les compétitions, ainsi que des procédures diverses arrêtées pour le déroulement des épreuves pour les disciplines retenues, ainsi que l’accueil des athlètes et des médias.

Malgré quelques réserves émises pour améliorer le calendrier sportif de la manifestation, les responsables concernés, se disent convaincus que les JM-2021 se dérouleront à Oran dans les «meilleures conditions». Il est vrai qu’en matière d’infrastructures, les principaux grands projets sont en voie d’achèvement, comprenant une série d’ouvrages dont le futur stade olympique de 40.000 places) et ses structures annexes, terrains de réplique, stade d’athlétisme, salle omnisports, centre d’hébergement des sportifs, aires de jeux, espaces verts etc.

De projets initiés, il y a près d’une dizaine d’années dans le cadre de la résorption des déficits cumulés par la capitale oranaise depuis des décennies. Et qui ont certes, contribué au «succès de la candidature» d’Oran aux jeux méditerranéens de 2021. Par ailleurs, un plan d’action qui reste encore à finaliser, devrait permettre à la ville, de rattraper les retards enregistrés dans certains projets d’aménagement et d’amélioration urbaine.

Il s’agit notamment, de la viabilisation de certains sites, de réfection des voiries, de réhabilitation de vieux immeubles et de restauration de façades de bâtiments et édifices situés dans plusieurs quartiers de la commune. Et sur ce registre, beaucoup estiment que les opérations engagées ne seront pas forcément toutes livrées dans les délais, ni même peut-être réalisées ou achevées conformément aux prévisions de ce plan de réaménagement urbain annoncé en 2015. Les observateurs avertis, notent aujourd’hui, avec une pointe d’humour, que la plupart des projets d’aménagement urbain en cours ou envisagés, sont à chaque fois inscrits au registre des préparatifs et du «succès de la manifestation sportive internationale de 2021…».

C’est à croire que si les J.M 2021 ne figuraient pas au programme à court terme de la Cité, ces sites, ces immeubles, ces boulevards et ces trottoirs, n’auraient jamais été entretenus ou rénovés…On sait en réalité, que les prochains JM de 2021, auront lieu à Oran dans des conditions qui seront jugées normales et satisfaisantes. Comme ce fut le cas dernièrement pour les jeux Africains à Alger, où de nombreux athlètes ont été hébergés dans des conditions déplorables dans les cités universitaires réquisitionnées. Le Mythe des défis et des grandes échéances, reste toujours inscrit dans les pratiques et les discours d’un système de gouvernance défaillant plus que jamais.

Par S.Benali